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LA FONDATION HÉRITAGE CANADA: CÉLÈBRE 35 ANS D’AIDE AUX CANADIENS QUI FONT VIVRE LES LIEUX HISTORIQUES

La restauration du parement de bois des édifices historiques – la maison Runciman : Une étude de cas

Conserver le parement en bois des immeubles historiques



LA FONDATION HÉRITAGE CANADA: CÉLÈBRE 35 ANS D’AIDE AUX CANADIENS QUI FONT VIVRE LES LIEUX HISTORIQUES
par Lori Anglin et Natalie Bull

« Le lundi 2 avril 1973, l’annonce officielle de notre création a été annoncé officiellement dans la salle historique du Conseil privé, dans l’édifice de l’Est sur la Colline du Parlement. Notre premier chèque a été émis ce jour-là, puis a été instantanément déposé pour ne pas perdre un sous d’intérêt. Nous étions sur la bonne voie. » - R.A.J (Bob) Phillips, directeur général de la FHC (1973 à 1978)

C’est la ténacité d’un petit nombre de personnes engagées qui a mené à la création d’un organisme national voué à la préservation du patrimoine du Canada. Les instances gouvernementales ont ensuite largement appuyé le mouvement et, en 1973, la fondation Héritage Canada (FHC) a été créée. Il s’agit d’un résultat important de la période de mise en valeur de l’identité associée aux célébrations du centenaire du Canada, laquelle a attiré plus que jamais l’attention des Canadiens sur les valeurs du passé.

Un autre genre de fiducie nationale

La fondation Héritage Canada a reçu un fonds de dotation du fédéral et le statut de fiduciaire de l’État. On a confié à la fondation (ainsi désignée parce que l’appellation « fiducie nationale » ou « National Trust » appartenait à une institution financière) le mandat de :

« …conserver et de faire connaître et encourager à conserver et à faire connaître le patrimoine historique, architectural, naturel et spectaculaire du Canada qui est important du point de vue national, afin de stimuler et de promouvoir l’intérêt des Canadiens pour ce patrimoine. »

Le premier conseil d’administration comptait dix administrateurs, dont d’éminents Canadiens comme Hartland MacDougall et Pierre Berton.

Parce que le Canada était en retard par rapport à d’autres pays dans la création d’une fiducie nationale, le conseil d’administration de la nouvelle FHC avait l’occasion d’en apprendre des autres fiducies nationales bien établies dans le monde. Avec l’aide du personnel, les membres du conseil ont analysé les organismes chargés de la conservation dans 36 pays, tout en évaluant les programmes et politiques en place au Canada.

Ils ont constaté que le Canada avait déjà un système de parcs et de lois pour la conservation du milieu naturel de classe mondiale sous la direction d’organismes nationaux tels que Parcs Canada et la Société canadienne pour la conservation de la nature. Par contre, il y avait très peu en place au niveau national, par comparaison aux autres pays à l’étude, pour assurer la protection de l’environnement bâti.



Plaque commémorative d’Héritage Canada
Les bâtiments au Canada qui portent cette plaque
sont ceux pour lesquels la FHC est intervenue par
l’achat, l’investissement ou des ententes de protection.
C’est ainsi que la FHC a délibérément décidé d’axer son action et sa stratégie sur les immeubles patrimoniaux et les lieux historiques. Le conseil d’administration a donc voulu préciser que la FHC viserait à compléter le rôle des organismes du patrimoine déjà existants plutôt que d’empiéter sur leurs compétences. Et plutôt que de créer une fiducie nationale fondée sur l’acquisition d’attraits touristiques ou de maisons-musées en bon état, la FHC a lancé un programme novateur de « Conservation des secteurs ». Ce programme entraîne l’acquisition de bâtiments ou de groupes de bâtiments en vue d’attirer les investissements du secteur privé et de déclencher au bout du compte la revitalisation complète de collectivités.

Compte tenu de la vaste superficie du Canada, le conseil a déterminé que la simple acquisition d’un ensemble de sites historiques ne suffirait jamais à combattre l’ampleur de la démolition et de la négligence.

Programme de biens de la FHC
Situé à Dawson (Yukon), l’hôtel Yukon compte parmi les 75 biens du patrimoine que la FHC a mis en valeur directement
en faisant leur acquisition ou en y investissant. Un autre projet est le Heartz-O’Halloran Row sur la rue George
à Charlottetown, un ensemble d’immeubles au sud de la Province House. « C’était la première fois que d’importants montants étaient consacrés à la restauration du patrimoine. Je vous assure qu’après, les gens ont commencé à s’y intéresser », a rappelé Catherine Hennessey, qui s’est longuement consacré à la défense du patrimoine de l’Île-du-Prince Édouard. La collection actuelle de la FHC consiste en cinq biens du patrimoine dans trois provinces, dont deux détenus en fiducie pour le compte de la Couronne fédérale.

En 1975 le programme Conservation des secteurs a investi dans la ville de St. John’s à Terre-Neuve pour endiguer la vague de destructions engendrée par un projet de renouveau urbain de l’ère du bulldozer.

« Le programme Conservation des secteurs permettra de préserver le paysage urbain d’un quartier, ce qui aidera à perpétuer et rehausser le caractère du secteur, dira Shannie Duff qui était alors membre du conseil d’administration de la FHC représentant Terre-Neuve. Il augmentera sensiblement son potentiel touristique et son attrait pour les entreprises commerciales. Plus encore, il préservera dans l’intérêt de tous les citoyens de St. John’s une oasis familière où ils pourront reprendre contact avec leurs racines. »

D’autres projets du programme ont profité à des endroits comme St. Andrews- By-The-Sea (Nouveau- Brunswick), Annapolis Royal (Nouvelle-Écosse), Barclay Square à Vancouver, le quartier de la Bourse à Winnipeg et Old Strathcona à Edmonton.

Programme Conservation des secteurs
Dans les années 1960, le quartier Old Strathcona
d’Edmonton était menacé de démolition pour faire place à une autoroute. Ce district témoin de l’essor de la ville est devenu un des premiers à bénéficier du programme Conservation des secteurs de la FHC, en 1974. Aujourd’hui, le conseil communautaire du secteur Old Strathcona s’emploie à faire connaître une destination dynamique et conviviale, fière de ses importants atouts patrimoniaux.

D’abord lancé sous forme de projet pilote, le programme de conservation des secteurs s’est ensuite converti en un programme Rues principales Canada en 1979. Ce programme a pour but la revitalisation du centre des villes et villages en même temps que la préservation de leurs lieux historiques.

« Notre tâche consistait à canaliser le mouvement en réaction au boom de la construction inconsidérée des années de l’après-guerre, affirmait à l’époque le président de la FHC Pierre Berton. Nous voyons maintenant le balancier s’orienter en faveur de la préservation. »

Avant et après – Rues principales
« Un collègue m’a récemment demandé “Qu’arrive-t-il après un programme Rues
principales?” À Fort Macleod (Alberta), le bureau de Rues principales a 25 ans; il prouve
que le processus ne prend jamais fin. Il ne le peut pas. Ces endroits aident à définir
notre identité, notre sens d’appartenance. Ils doivent et peuvent demeurer viables d’une
génération à l’autre. Nous avons tous un rôle à jouer pour nous assurer qu’ils le fassent. »
- Jim Mountain, premier coordonnateur du bureau de Rues principales de Fort Macleod.

En 1991, Rues principales Canada était présent dans chaque province et territoire. Soixante-dix collectivités y avaient souscrit et obtenu des succès remarquables : des milliers d’emplois, de nouvelles entreprises et plus de 90 millions de dollars d’investissements privés.

Rues principales Canada a engendré des programmes en Alberta, en Ontario et au Québec. Il a aussi inspiré le programme Main Street en Australie.

Le programme national a pris fin au début des années 1990 lorsque le gouvernement fédéral a cessé d’y contribuer. La FHC a formé un partenariat avec la Fondation Rues principales afin de poursuivre l’action au Québec.

Programme national des prix du patrimoine
La FHC a créé le programme national de prix du patrimoine en collaboration avec Son Altesse Royale le prince de Galles, Mme Gabrielle Léger et les lieutenants-gouverneurs du Canada. Le programme rend hommage à l’excellence dans la conservation du patrimoine.

Inciter les Canadiens à célébrer et visiter les lieux historiques

La sensibilisation et la promotion ont toujours été des activités fondamentales de la FHC. Une gamme de programmes a été élaborée au fil des ans pour faire mieux connaître le patrimoine et y intéresser les Canadiens.

Le magazine Héritage
La FHC publie depuis
1973 un magazine
trimestriel bilingue.

 

Lieux historiques
La FHC possède un portefeuille de propriétés et collections
historiques accessibles au public. Les membres de la FHC bénéficient d’accords réciproques donnant aux membres accès aux propriétés d’organismes analogues en Australie, en Angleterre, en Écosse, au pays de Galles et aux États-Unis.

Portes ouvertes Canada
Lancé en 2002, Portes ouvertes Canada reconnaît la possibilité d’augmenter la compréhension et l’appréciation qu’ont les Canadiens de leur environnement architectural local tout en rehaussant la sensibilisation au patrimoine bâti.

 

Fête du patrimoine
La FHC propose au pays tout entier de célébrer la Fête du patrimoine le troisième lundi de février chaque année.

Renforcer le secteur du patrimoine

Depuis sa première conférence, à Ottawa en 1974, la FHC a toujours reconnu l’intérêt à réunir les gens afin qu’ils puissent discuter, apprendre et échanger. En 1982, afin de faire fond sur l’expérience des conférences et de relier les groupes et défenseurs individuels du patrimoine de tout le pays, elle a constitué le Réseau canadien du patrimoine. Aujourd’hui, le Forum de leadership pour le patrimoine bâti marque un retour à cette stratégie de réseautage.

Renforcement du secteur du patrimoine
Le Forum de leadership pour le patrimoine bâti, un groupe de chefs de file issus des organismes du patrimoine des provinces et des territoires, procure
une nouvelle occasion d’échanges, de réseautage et de formation continue, tout en favorisant les actions collectives qui influent sur les politiques publiques.

Le Web a révolutionné la façon dont les gens interagissent. Des milliers de Canadiens reçoivent maintenant les communiqués de la FHC et se tiennent au courant grâce au site Web de l’organisation.

En 2007, la FHC a lancé une nouvelle façon de s’unir et de protéger : AGORA-L est un outil gratuit de type courriel permettant de discuter des enjeux et d’échanger des idées sur la conservation du patrimoine au Canada. Les membres communiquent avec d’autres partout au pays et discutent de questions et de solutions sans quitter leur propre bureau. AGORA-L est en bonne voie de s’établir comme source de conseils et d’information sur les réussites.

Conférence annuelle

La conférence de la FHC offre la possibilité de dégager une perspective nationale et d’entretenir une conversation nationale sur les défis et les possibilités qui se présentent aux lieux historiques et à leurs propriétaires, gestionnaires et défenseurs.

Jeunesse Canada au travail

JCT donne aux étudiants et récents diplômés une occasion d’acquérir
de précieuses aptitudes et expériences de travail dans le domaine du
patrimoine. En même temps, le programme aide les organismes du
patrimoine à réaliser des projets importants. La FHC distribue les fonds
du programme pour le compte du ministère du Patrimoine canadien.

La revitalisation des collectivités

La filiale de la FHC la Fondation Rues principales offre depuis 1984 une aide experte à la revitalisation communautaire et socioéconomique. Plus de 150 villes et villages en ont profité. Le réseau Rues principales comprend aujourd’hui près de 50 municipalités.

Rues principales : revitalisation
des collectivités

La Fondation Rues principales, une organisation affiliée à la fondation Héritage Canada, a aidé des centaines de communautés au Québec et au Nouveau-Brunswick à intégrer la conservation du patrimoine au développement durable. De 1997 à 2002, l’approche de Rues principales
visant 700 bâtiments historiques a suscité la création de plus de 1200 nouveaux emplois et 360 nouvelles entreprises, et engendré des investissements de 31 millions de dollars du secteur public et 98 millions de dollars du secteur privé. www.fondationruesprincipales.qc.ca

Des lieux à sauver

La FHC adopte une démarche à plusieurs volets pour aider les Canadiens à assurer la survie des lieux historiques : les programmes de sensibilisation comme les prix nationaux du patrimoine, la Fête du patrimoine et les activités Portes ouvertes relèvent de la célébration. Mais les bâtiments ont besoin d’une attention d’un autre genre.

Il y a trois ans, la FHC a lancé la tradition du palmarès des sites menacés. Il attirait ainsi l’attention du Canada sur les 10 lieux historiques les plus menacés, révélés par notre écran radar pancanadien. Le palmarès est un puissant outil pour susciter l’intérêt des médias et renforcer la volonté des groupes locaux et des autorités à trouver des solutions.

La South House est sauvée!
La South House est une maison pittoresque de style néogothique de 150 ans
située sur le terrain de l’historique école Rothesay Netherwood, au Nouveau-
Brunswick. Elle figurait au palmarès 2005 des sites les plus menacés dressé par la FHC. Grâce aux efforts inlassables d’anciens de l’école, de membres de la collectivité et de groupes locaux, sa préservation est acquise. L’attention nationale que la FHC a attirée sur sa cause avait contribué à la pression s’exerçant pour que le conseil d’administration de l’école trouve le moyen de la sauver.

Le Comité de sauvegarde de la South House a organisé des campagnes,
demandé et obtenu des injonctions contre sa démolition, puis trouvé une
approche permettant d’en arriver en coopération avec le conseil d’administration à une solution assurant la restauration de la maison. En fin de compte, le conseil d’administration a accepté une proposition de compromis sauvegardant la partie originale de la maison sans ses annexes ultérieures. Le comité a ensuite mené une campagne de financement remarquable en vue de réunir 400 000 $ pour la restauration.

Ce sont ces problèmes communs qui ont aidé à façonner et orienter les revendications de la FHC en matière de politiques publiques.

La protection des gares ferroviaires
De 1982 à 1988, la FHC a travaillé inlassablement pour faire de la Loi sur la protection des gares ferroviaires patrimoniales une réalité.

Changer le système

En 1974 la FHC a élaboré un « livre brun sur la législation ». Les trois recommandations principales de ce document : un registre canadien des propriétés patrimoniales; des lois provinciales convenables pour protéger les propriétés enregistrées; et des programmes provinciaux et fédéraux pour offrir de l’aide financière aux propriétaires de ces propriétés. Il est devenu le guide de l’action ultérieure de la FHC visant les codes du bâtiment, le recyclage, le financement hypothécaire et les incitatifs fiscaux pour les bâtiments patrimoniaux.

Depuis sa création, la FHC a mené des recherches sur les mesures fiscales et préconisé le recours à celles-ci afin que les bâtiments historiques deviennent attrayants aux yeux des promoteurs. Aux États-Unis, la mise en oeuvre en 1976 d’un crédit d’impôt pour fins de réhabilitation par le gouvernement fédéral a favorisé la réhabilitation de plus de 31 000 biens historiques faisant intervenir plus de 31 milliards de dollars en investissements du secteur privé.

En 1999, Parcs Canada a lancé l’Initiative des endroits historiques, une collaboration fédéraleprovinciale- territoriale visant à promouvoir la conservation du patrimoine bâti du Canada. Un élément clé en était le Fonds pour favoriser les propriétés patrimoniales commerciales (FFPPC), un programme pilote prévoyant des contributions de 30 millions de dollars et inspiré du crédit fiscal à la réhabilitation des États-Unis. Le FFPPC a réussi à démontrer à quel point un incitatif fédéral même modeste pouvait stimuler l’investissement privé dans les lieux historiques. Les 21,5 millions de dollars répartis entre les 49 premiers projets ont engendré plus de huit fois autant en investissements du secteur privé et donné à des bâtiments vides et négligés de nouvelles vocations dynamiques.

Récemment, la FHC a déclenché une campagne publique sur la nécessité d’incitatifs fiscaux. En collaboration avec des représentants de groupes patrimoniaux locaux et en recourant à des pétitions électroniques aisément accessibles, elle a suscité un appui plus vaste et plus vocal. Au cours des deux dernières années, les ministres provinciaux et territoriaux chargés de la culture et du patrimoine, ainsi que sept grandes villes, dont Vancouver et Toronto, ont demandé au gouvernement fédéral de prendre des mesures fiscales pour inciter le secteur privé à investir dans la réhabilitation des biens patrimoniaux.

Préserver, pas remblayer!
Les membres et les amis de la FHC ont signé une pétition en ligne revendiquant des incitatifs financiers à la réhabilitation de bâtiments
historiques pour éviter que ceux-ci n’aboutissent aux sites d’enfouissement.

Les prochains 35 ans

Le mandat de la fondation Héritage Canada a toujours paru énorme compte tenu du contexte juridique, financier, politique et physique complexe dans lequel existent les lieux historiques. Le présent et l’avenir exigent une perspective encore plus vaste. Pour s’attaquer au nouveau défi le plus pressant de notre époque, la FHC s’alignera d’encore plus près avec le mouvement environnemental. Reconnaissant le fait que les lieux historiques s’inscrivent dans un continuum de bâtiments existants anciens et récents, la FHC participera à assurer un avenir durable en aidant les Canadiens à « Préserver, pas remblayer! » dans les 35 ans à venir.

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La restauration du parement de bois des édifices historiques – la maison Runciman : Une étude de cas
Texte et photos par Andrew Powter



La maison historique Runciman, située
à Annapolis Royal (Nouvelle-Écosse) est
très représentative des maisons de style
Regency du début du XIXe siècle.
Dans notre dernier numéro, l’article intitulé « Conserver le parement en bois des immeubles historiques » décrivait les avantages que comportait la préservation des revêtements historiques des parements et signalait les désavantages qu’impliquait leur recouvrement avec des matériaux modernes comme l’aluminium ou le vinyle. Il décrivait également la restauration et la remise à neuf des parements de bois. L’article d’aujourd’hui relate une étude de cas portant sur les méthodes de restauration des parements utilisées lors de la réfection de la maison Runciman.

Depuis deux ans, la fondation Héritage Canada (FHC) effectue des travaux de ravalement à la maison Runciman, un édifice historique de 200 ans situé à Annapolis Royal en Nouvelle-Écosse et propriété de la FHC.

La réfection du parement extérieur en bois (incluant les bardeaux sur les côtés et l’arrière du bâtiment et les planches biseautées à clin horizontal sur la façade) fait partie du mandat de l’entrepreneur Sefton Squires de la firme Renaissance Property Services d’Annapolis Royal.

Le parement



La peinture du mur arrière en
bardeaux est écaillée.
Les élévations latérales et arrière de la maison sont recouvertes de bardeaux de cèdre blanc ébiselés de dimensions variées. La façade est recouverte d’un parement en bois biseauté de 125 mm.

À en juger d’après l’accumulation de peinture sur le parement, la surface rabotée à la main et les clous forgés, on peut avancer qu’une grande partie sinon l’ensemble du parement est d’origine. Les quatre faces ont été peintes dans des tons de jaune et les moulures découpées en blanc.

État du parement



Clous forgés originaux du parement. Les
clous du parement étaient rouillés, mais
ceux de la charpente étaient intacts.
Une inspection du bâtiment montre que son état est variable. Les bardeaux de bois sont en assez bon état. Le plus gros du problème concerne les endroits où les couches de peinture et d’apprêt ont disparu, laissant le bois à nu.

Le parement biseauté de la façade principale pose d’autres problèmes. Après en avoir discuté avec Sefton Squires, il a été convenu qu’il fallait restaurer la façade pour prolonger sa durée de vie. Non seulement des planches avaient-elles gauchies (sans doute parce que les clous avaient cédé), mais certaines révélaient de la pourriture aux extrémités (notamment celles apposées sur de petits murs à l’ombre), des fissures et des fentes, des clous émergeant et des accumulations de peinture. De plus, l’enlèvement de la peinture à certains endroits avait abîmé la rive apparente de la planche, affaiblissant ainsi la netteté des lignes horizontales de la façade.

Finalement, la couleur du parement était passée à un jaune pâle, qui ne contrastait plus avec les moulures d’ornement.

Traitement

En accord avec l’entrepreneur, un programme a été mis au point pour traiter le parement. Pour les bardeaux, il a été convenu de protéger le bois et d’appliquer une couche d’apprêt et deux couches de peintures. Les bardeaux abîmés et manquants seraient remplacés, fixés avec des clous galvanisés et repeints.

Quant au parement de la façade, il a été convenu de le décaper complètement, d’une part pour éliminer les épaisseurs de peinture accumulée et d’autre part pour permettre une bonne inspection afin de pouvoir réparer tous les défauts. Les petites imperfections pourront être corrigées avec des adhésifs époxyde, mais pour combler les trous et les écarts, il faut utiliser de la colle et des serre-joints ou faire des réparations menuisées. Les planches du parement doivent être indépendantes les unes des autres pour pouvoir se contracter ou se dilater au besoin.

L’objectif était de remplacer le moins de planches possible. Des critères ont été établis pour déterminer ce qui devait être remplacé et réparé. Il a été convenu que les réparations seraient faites sur place autant que possible; les matériaux ne seraient réparés en atelier qu’en cas d’absolue nécessité seulement.

L’intention de la FHC n’était pas de restauré l’extérieur du bâtiment. Étant donné les modifications survenues avec les années, cela s’avérait irréaliste sinon impossible. Cependant, des preuves tangibles et des photographies d’époque ont motivé la décision de changer la couleur du bâtiment pour passer d’un jaune plutôt délavé à un jaune plus prononcé dans les valeurs plus pâles de moutarde.

Réalisation

On a procédé à l’enlèvement de la peinture au moyen de grattoirs et du système à infrarouge « Silent Stripper ». Les appareils de décapage dits silencieux ramollissent la peinture et le vernis après une exposition de 20 à 40 secondes à la chaleur sans utiliser de solvants chimiques. (Voir www.swedepaint.ca)

Les résidus de peintures ont été éliminés suivant les directives provinciales. Les murs latéraux et arrière ont été débarrassés de toute peinture cloquée, puis le bois nu a été enduit d’apprêt, enfin toute la surface a reçu deux couches de peinture.

Cela a été un peu plus compliqué pour le mur de la façade principal car à certains endroits il était en plus mauvais état. Ainsi, pour ce type de mur, il ne suffit pas de renfoncer les clous à leur place, il faut habituellement les retirer, remplir les trous avec un mastic et poser de nouveaux clous tout à côté.

Le processus d’enlèvement de la peinture s’est effectué de manière égale bien que lente et n’a à peu près pas endommagé la surface et le bord des planches.

Une fois le mur décapé, il est clairement apparu que les petites sections du porche qui étaient à l’ombre devaient être remplacées. Pour ce faire, on a utilisé de belles planches d’épinette nettes de tout défaut. Les planches de ce parement étant petites, elles ont été vite ouvrées et installées sans problème.

Par chance, les planches plus longues étaient structuralement assez saines pour rester en place. Finalement, les réparations ont pu être faites directement sur place, y compris les étapes nécessitant de la colle et des serre-joints. Par conséquent il n’a pas été nécessaire de scier les clous ni de réinstaller ces lourdes planches.

Dans le cas où des sections plus grandes devaient être réparées, on a utilisé des flipots puis on les a enchâssés. La restauration du bois au moyen d’un important volume d’époxyde ou d’autres matériaux non dérivés du bois n’est pas recommandée puisque ces matériaux n’ont pas les mêmes caractéristiques d’expansion et de contraction que le bois.

Ce genre de travail s’apparente à la réparation de la coque d’un bateau, laquelle est souvent réalisée en partie sur place et en partie en atelier avec moult ajustements.

Les nouvelles planches ont été enduites d’une couche d’apprêt sur toutes les surfaces avant d’être posées. Le régime habituel des trois couches a été appliqué au parement. (La couche de fini est une peinture extérieure au latex Benjamin Moore, base moyenne, fini velouté, couleur no cc210 Dijon.)

Établissement du prix et envergure du travail

Il était important d’obtenir un prix fixe pour les fins du budget. Or, comme on ignorait quelle était l’étendue des réparations, le budget devait être suffisamment souple pour accepter une révision à la hausse des travaux. Partant, un prix fixe a été établi pour le travail pouvant être facilement quantifié et un prix unitaire a été négocié pour les réparations au parement. (Voir l’encadré « Élaboration des spécifications ».)

Conclusions

Les travaux pour restaurer les structures anciennes du parement demandent de la patience, de la minutie et une connaissance des méthodes de construction traditionnelle. Ils exigent également des compétences de haut niveau en menuiserie de même qu’un équipement spécialisé. Comme il a été décrit plus haut, le projet de réfection du parement de la maison Runciman est le plus important jamais entrepris en 200 ans, soit depuis la construction de la maison. En dehors d’un entretien de routine tous les cinq ans, les bâtiments que l’on retrouve dans des milieux humides comme celui-ci devraient faire l’objet de travaux majeurs, à l’instar de ceux qui viennent d’être réalisés, au moins tous les 50 ans.

Élaboration des spécifications

Les présentes directives serviront à obtenir une estimation des coûts et à rédiger les spécifications du travail à être réalisé par un entrepreneur pour réparer les structures anciennes de parement.

Soumission

Spécifier une somme globale ventilé comme suit :

  • Pour préparer et repeindre tous les murs extérieurs, parement et moulures (à l’exclusion du porche en façade).
  • Pour réparer et remplacer les planches et les bardeaux. (Donner un prix pour un nombre déterminé de réparations, joints, flipots et un prix unitaire pour le remplacement des planches, bardeaux et moulures – pour la façade principale seulement. Préciser un tarif horaire et un prix unitaire pour les réparations devant être faites en surplus, établies d’après l’état des lieux.)

Matériaux nécessaires

  • Apprêt pour le bois : huile de lin bouillie diluée à parts égales avec de la térébenthine.
  • Couvre-noeuds : couvre-noeud de type « Bulls Eye » de Zinser.
  • Couche d’apprêt : un apprêt haut de gamme à base d’huile de Benjamin Moore.
  • Couche de finition : une peinture haut de gamme à base d’huile avec un fini semi-brillant de Benjamin Moore.
  • Couleurs de la peinture : d’après les fenêtres, les châssis, les moulures et le corps du bâtiment.
  • Clous et fixations : d’après la recommandation de l’entrepreneur en accord avec le représentant du client.

Instructions

Parement et moulure extérieurs : Le but est d’enlever toutes les couches accumulées sur le parement et les moulures pour mettre le bois à nu; de faire toutes les réparations nécessaires afin que le parement soit stable et qu’il puisse faire face aux rigueurs du climat sans toutefois dépouiller la structure historique plus que nécessaire; puis remettre en état. À cette étape on ne tiendra pas compte du porche.

  • Enlever tous les enduits jusqu’à ce que le bois soit à nu en utilisant des techniques qui n’endommagent pas le bois et qui sont approuvées par le représentant du client. Protéger les surfaces, les éléments en relief et les bords pour ne pas les endommager. Enlever et mettre au rebut toute peinture suivant les codes et les règlements municipaux et provinciaux. (Ce travail devra être établi sur la base d’un prix forfaitaire.)
  • Réparer ou remplacer le parement endommagé, fendu, déplacé ou manquant après consultation avec le représentant du client en utilisant des flipots et en juxtaposant les onglets aux nouvelles longueurs de planches. Inscrire la date au dos de toute nouvelle pièce de bois. Garder en réserve dans le garage un échantillon dûment étiqueté du parement remplacé. (Ce travail devra être établi sur la base d’un tarif horaire et du prix des matériaux.)
  • Remettre en état en appliquant trois couches selon les directives du manufacturier en ce qui a trait à l’humidité et à la température. Toutes les surfaces du nouveau bois doivent être enduites d’une couche d’apprêt.

Bardeaux et moulures extérieurs (trois murs) : Le but est d’enlever la peinture cloquée, écaillée ou faïencée jusqu’à ce qu’on atteigne une surface peinte saine ou le bois nu. Réparer les bardeaux endommagés pour qu’ils résistent aux éléments. Remettre en état.

  • Enlever tout matériau qui adhère mal, poncer et traiter le bois avec trois couches d’enduit.
  • Remplacer les bardeaux endommagés avec de nouveaux bardeaux qui s’harmonisent. Veiller à ce que le modèle et les dimensions correspondent. (Ce travail devra être établi sur la base d’un prix forfaitaire.)

Andrew Powter a participé à des programmes et projets nationaux et internationaux touchant le patrimoine. Il s’intéresse en particulier aux structures de bois historiques, au rendement de l’enveloppe des bâtiments et aux pratiques durables de conservation du patrimoine.

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Conserver le parement en bois des immeubles historiques
par Andrew Powter

Nous pensons souvent que le bardage est un phénomène moderne, mais on y recourt sous une forme ou une autre depuis des siècles. La préservation du caractère historique du bardage traditionnel d’immeubles plus anciens peut poser des difficultés aux professionnels du patrimoine.

Le bardage est habituellement utilisé pour recouvrir des murs verticaux (ou presque verticaux). Il a d’habitude pour fonction de protéger le bâtiment des intempéries, mais il peut aussi être décoratif.

On trouve sur les bâtiments du bardage d’une grande variété de matériaux, de formes et de dimensions. Un type de bardage est parfois utilisé en combinaison avec un second. Il y a des bardages aux planches horizontales ou verticales, des bardeaux en asphalte ou des matières semblables comme l’Insulbrick, des bardeaux d’amiante-ciment et du métal en feuille ou en panneau.

Comme toute composante d’un bâtiment, le bardage est exposé à diverses forces naturelles qui entraînent une détérioration exigeant périodiquement de l’entretien et des réparations. De nombreux propriétaires veulent éviter le coût et la peine de l’entretien du bardage, et optent pour un recouvrement en matériaux exigeant peu d’entretien comme le vinyle ou l’aluminium. Quels sont les avantages et inconvénients de cette solution controversée pour le bardage d’un bâtiment historique?

Parement en bois et caractère patrimonial

Le bardage varie selon la période de construction ainsi que la technologie, les matériaux et les compétences disponibles, et il traduit les tendances stylistiques, la mode, le climat et l’évolution industrielle. Récemment, le choix de bardage a été influencé par le marketing et les transports. Par exemple, au Canada du 19e siècle, les bardeaux de cèdre rouge de l’Ouest provenant de Colombie-Britannique ont en grande partie remplacé d’autres types après la construction du chemin de fer transcanadien.

Les choix en matière de bardage pour les immeubles historiques sont donc des facteurs importants pour situer leur appartenance à une collectivité, une région et une époque, et par conséquent leur caractère patrimonial. Par exemple, les immeubles résidentiels d’avant la Première Guerre mondiale qu’on trouve encore dans l’ouest de Vancouver sont parmi les rares témoins de l’époque où l’économie de la vie était axée sur le bois d’oeuvre.

Maintenir et entretenir un bardage de bois authentique

« Systèmes » de bardage

Un « système » de bardage en bois comprend habituellement une surface de protection contre les intempéries (le bardage lui-même), qui est fixée à une surface (comme des planches, des lattes ou des entretoises) par des attaches (généralement des clous). Le bardage est habituellement enduit d’un revêtement protecteur comme de l’huile, de la teinture, du lait de chaux ou de la peinture. Une certaine forme de protection contre le vent (écorce, papier kraft, Tyvek, etc.) est souvent posée derrière le bardage. Du mastic recouvre et protège les fixations. Un parement en bois est d’habitude posé à l’horizontale (biseauté, fendu, longues planches, courtes planches, bord profilé, à gorge, dénivelé, avec feuillures), à la verticale (planches simples, planches avec couvrejoints, planches bouvetées) ou sous forme de bardeaux.

Menaces et formes de détérioration

Le bardage se détériore lorsque de l’humidité s’y introduit et qu’il manque de ventilation, ce qui entraîne une dégradation et permet aux insectes de s’y attaquer. Le bardage vertical est particulièrement susceptible si le grain de l’extrémité inférieure n’est pas scellé. Si le bardage n’est pas protégé par un enduit bien entretenu comme la peinture, il se détériore sous l’effet des intempéries (cycles de mouillage et de séchage, rayons ultraviolets, abrasifs véhiculés par le vent). La couleur change graduellement de celle du bois frais au gris tiède des planches de grange.

Les autres forces, comme les impacts, sont beaucoup moins dommageables

L’agent de détérioration qui est peut-être le plus problématique est la peinture. La peinture peut s’accumuler avec le temps jusqu’à former une couche épaisse, imperméable et rigide. Celle-ci empêche l’expansion et la contraction naturelles du bardage et peut faire en sorte que le bois fende ou se fissure. Une épaisse couche de peinture peut elle-même se fissurer et fendre (on dit qu’elle forme une « peau d’alligator ») puisque ses taux d’expansion et de contraction sont différents de ceux du bois sur lequel elle repose. Si un bâtiment a été repeint trop souvent ou s’il n’a pas été préparé convenablement avant d’être repeint, il arrive une fois, peut-être après 100 ans ou plus, où l’accumulation excessive de peinture doit être enlevée pour exposer le bois nu. L’application d’une nouvelle couche de peinture et plus encore le décapage suivi de la peinture peuvent eux-mêmes créer une menace. C’est alors que de nombreux propriétaires recourent à un entrepreneur en revêtement en aluminium ou en vinyle.

Réparation et conservation

Un programme de réparation du bardage donne au propriétaire une occasion d’examiner son bâtiment à la loupe afin de repérer les fentes, de remettre en place les clous sortis, de recouvrir les têtes de clous de mastic et de procéder à d’autres opérations d’entretien. Bien que de petites réparations puissent être effectuées avec le bardage en place, il est souvent préférable de réparer le bardage sur un établi pour améliorer l’ajustement et l’encastrement.

Les planches de bardage peuvent être repeintes individuellement en enlevant le matériau détérioré jusqu’à un bord solide et droit, et en faisant les réparations nécessaires au moyen de flipots et autres pièces rapportées. Il faut toujours utiliser un bois d’une essence semblable, ayant la même densité et avec le grain orienté dans le même sens. Des adhésifs résistant à l’humidité produisent les réparations les plus durables.

Si une planche de bardage est détachée, on peut la refixer à son montant en utilisant un clou de dimension semblable à l’ancien. On enlève l’ancien clou et on remplit le trou. Il faut veiller à ne pas clouer de trop près des planches légèrement bombées parce qu’elles pourraient se fendre.

On enlève les planches de bardage en retirant les clous exposés et en utilisant une lame de scie pour couper par l’arrière les clous dissimulés. Des précautions s’imposent pour éviter d’endommager les planches adjacentes.

La tâche est plus facile avec un bardage biseauté qu’avec bardage à gorge ou à planches bouvetées. Pour ces profils plus complexes, les réparations sur place peuvent être préférables. Pour effectuer plusieurs réparations, il peut être nécessaire de démonter une petite longueur de planche sous l’endroit voulu pour obtenir assez de place pour manoeuvrer. En outre, l’intérieur de la rainure peut devoir être sacrifié pour poser la nouvelle planche finale. Une fois que la planche est réparée ou que la nouvelle planche est fabriquée, elle peut être glissée sous la planche supérieure et fixée en place. Mieux vaut s’en tenir à un clou par montant pour permettre un certain mouvement. À noter, l’endos du bardage devrait toujours être apprêté avant d’être mis en place.

Réfection

Lors de la peinture de bois extérieur, la préparation est l’étape la plus importante. On gratte la peinture détachée et on sable la surface pour donner une prise au nouvel enduit. La poussière doit être essuyée. Un couvre-noeuds de première qualité doit être appliqué sur les noeuds exposés. Même un noeud de 100 ans paraîtra, donc il importe de le sceller. On applique un apprêt à l’huile puis deux couches de peinture de finition à l’huile ou au latex.

Si le bois a perdu la plus grande partie de sa peinture et est très altéré, il faut bien le poncer pour éliminer les fibres de bois qui se détachent. Après avoir brossé la surface pour la nettoyer, on applique une couche composée d’huile de lin bouillie et de diluant à parts égales, pour conditionner le bois.

La peinture qu’on enlève peut contenir du plomb. Il faut donc la soumettre à des essais pour s’assurer de respecter les exigences relatives à la santé, à la sécurité, au confinement et à l’élimination des déchets.

Les propriétaires peuvent choisir de recouvrir un nouveau bardage directement au-dessus de l’ancien. Le stuc, l’Insulbrick et les tuiles d’amiante-ciment ont tous eu leur période en vogue. De fait, certains de ces matériaux commencent à être appréciés pour leurs propres qualités. Depuis les années 1960, les parements en vinyle et en aluminium ont souvent été envisagés pour préserver les matériaux historiques. L’industrie du parement en vinyle propose de nombreux produits aux propriétaires d’immeubles patrimoniaux (voir www.vinylsiding.org).

Cette tendance est controversée. Quels sont les facteurs à prendre en compte?

Entretien et coût

Préparer et peindre une maison en bois peut être une tâche intimidante, mais on peut atténuer la difficulté en prévoyant des retouches au bout de cinq ans et une nouvelle couche générale tous les sept ans ou plus.

Le parement en vinyle ou en aluminium dure environ 20 à 25 ans, soit l’équivalent de deux à quatre applications de peinture. Selon des données américaines, le revêtement en vinyle coûte environ deux fois et demie une peinture complète.

Par ailleurs, le vinyle et l’aluminium ne sont pas sans exiger d’entretien, surtout sur les bâtiments patrimoniaux qui n’ont pas été conçus en fonction de ces matériaux.

La moisissure peut proliférer sous le parement. De nombreux propriétaires tentent de régler ce problème en utilisant des nettoyeurs à haute pression. Cependant, le parement est conçu en vue d’éliminer l’eau venant d’au-dessus; en lavant par en dessous, on peut faire remonter de l’eau derrière le parement et faire pourrir le bois.

Résistance aux impacts

Ceux qui s’opposent au parement de vinyle et d’aluminium affirment souvent que ces matériaux sont vulnérables aux impacts et difficiles à réparer. Bien qu’il soit extrêmement difficile de remplacer du bardage, il est sans doute rare d’avoir à le faire.

Considérations environnementales

La peinture, le vinyle et l’aluminium sont fabriqués avec des ressources non renouvelables. Comment l’énergie intrinsèque requise pour fabriquer et livrer la peinture se compare-t-elle à celle nécessaire pour produire l’aluminium et le vinyle? Il est difficile de le préciser, mais nous savons que le bois coupé et mis en place 100 ans plus tôt n’exige aucune énergie ou ressource non renouvelable.

Le parement en aluminium ou en vinyle ne réduit pas les coûts de chauffage. La valeur R d’un bardage avec endos varie au mieux de R0 à R2,5 – soit environ l’équivalent d’une vitre.

Ces matériaux ne produisent pas d’économies énergétiques. L’aluminium peut être recyclé, mais pas le vinyle. En outre, le vinyle émet des fumées toxiques et des substances carcinogènes en brûlant.

Protection

Certains soutiennent que les produits de recouvrement du bardage protègent les matériaux historiques, mais c’est un faux-fuyant. La pose d’un recouvrement du bardage est très dommageable en raison du nombre de fixations, du couronnement, du rognage et de l’élimination de détails nécessaires à une pose convenable.

Dissimulation

Recouvrir le bardage d’un immeuble historique dissimule des dommages qui devraient être réparés. Il faut souvent utiliser des raccords et branchements non standardisés. Le calfeutrage joue souvent un rôle important dans la nouvelle finition. Avec le temps ces détails connaissent des défaillances, ce qui crée des entrées d’eau et contribue à la détérioration des matériaux sous-jacents. J’ai déjà trouvé une poutre et une colonne d’un porche qui s’étaient rompus 20 ans après avoir été recouverts d’aluminium.

Caractère patrimonial

Recouvrir le bardage d’un immeuble historique signifie que son caractère patrimonial sera compromis pendant les 20 à 30 années suivantes. Il y a diverses raisons à cela.

Le parement en aluminium ou en vinyle est fabriqué dans une vaste gamme de largeurs et de couleurs, mais il est rare de trouver des profils historiquement fidèles. Le fini grené optionnel ressemble davantage à du bois passé au jet de sable qu’à un parement historique. Le profil à double planche est un détail inexact qu’aucun ouvrier spécialisé ne reproduirait.

La plus grande préoccupation est l’effet radical que ces matériaux peuvent produire sur les détails d’un bâtiment. Faute de précautions suffisantes, la largeur des planches ne respectera pas les dimensions régionales, réduira la projection des fenêtres ou des portes ou obligera à supprimer des moulures historiques ou des projections gênantes.

Pour de plus amples renseignements sur la question du parement en vinyle, voir Vinyl Siding: The Real Issues, du Connecticut Trust for Historic Preservation à www.cttrust.org.

En 2007, la fondation Héritage Canada a entrepris de réparer le bardage de l’historique maison Runciman à Annapolis Royal (Nouvelle-Écosse). L’immeuble est recouvert de bardeaux de bois sur deux côtés et à l’arrière, et de bardage à gorge avec bourrelet à l’avant, qui comporte deux baies courbées. Un prochain article dressera un bilan de toutes les réparations décrites dans ce texte.

Andrew Powter a participé à des programmes et projets nationaux et internationaux touchant le patrimoine. Il s’intéresse en particulier aux structures de bois historiques, au rendement de l’enveloppe des bâtiments et aux pratiques durables de conservation du patrimoine.

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