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LA FONDATION HÉRITAGE CANADA:
CÉLÈBRE 35 ANS D’AIDE AUX CANADIENS QUI FONT VIVRE LES LIEUX HISTORIQUES
La restauration du parement de bois des édifices historiques – la maison Runciman : Une étude de cas
Conserver le parement en bois des immeubles historiques
LA FONDATION HÉRITAGE CANADA:
CÉLÈBRE 35 ANS D’AIDE AUX
CANADIENS QUI FONT VIVRE
LES LIEUX HISTORIQUES
par Lori Anglin et Natalie Bull
« Le lundi 2 avril 1973,
l’annonce officielle de
notre création a été
annoncé officiellement
dans la salle historique
du Conseil privé, dans
l’édifice de l’Est sur la
Colline du Parlement.
Notre premier chèque a
été émis ce jour-là, puis
a été instantanément
déposé pour ne
pas perdre un sous
d’intérêt. Nous étions
sur la bonne voie. »
- R.A.J (Bob) Phillips,
directeur général de la
FHC (1973 à 1978)
C’est la ténacité d’un
petit nombre de personnes
engagées qui
a mené à la création
d’un organisme national
voué à la préservation
du patrimoine du
Canada. Les instances
gouvernementales
ont ensuite largement
appuyé le mouvement
et, en 1973, la fondation
Héritage Canada (FHC)
a été créée. Il s’agit
d’un résultat important
de la période de mise
en valeur de l’identité
associée aux célébrations
du centenaire du
Canada, laquelle a attiré
plus que jamais l’attention
des Canadiens sur
les valeurs du passé.
Un autre
genre de
fiducie
nationale
La fondation Héritage
Canada a reçu un fonds
de dotation du fédéral et
le statut de fiduciaire de
l’État. On a confié à la
fondation (ainsi désignée
parce que l’appellation
« fiducie nationale » ou
« National Trust » appartenait
à une institution
financière) le mandat de :
« …conserver et de
faire connaître et
encourager à conserver
et à faire connaître le
patrimoine historique,
architectural, naturel et
spectaculaire du Canada
qui est important du
point de vue national,
afin de stimuler et de
promouvoir l’intérêt
des Canadiens pour
ce patrimoine. »
Le premier conseil
d’administration comptait
dix administrateurs,
dont d’éminents
Canadiens comme
Hartland MacDougall
et Pierre Berton.
Parce que le Canada
était en retard par rapport
à d’autres pays dans
la création d’une fiducie
nationale, le conseil
d’administration de la
nouvelle FHC avait l’occasion
d’en apprendre
des autres fiducies nationales
bien établies dans
le monde. Avec l’aide du
personnel, les membres
du conseil ont analysé
les organismes chargés
de la conservation dans
36 pays, tout en évaluant
les programmes et politiques
en place au Canada.
Ils ont constaté que le
Canada avait déjà un
système de parcs et de
lois pour la conservation
du milieu naturel de
classe mondiale sous
la direction d’organismes
nationaux tels que
Parcs Canada et la
Société canadienne pour
la conservation de la
nature. Par contre, il y
avait très peu en place
au niveau national, par
comparaison aux autres
pays à l’étude, pour
assurer la protection de
l’environnement bâti.
Plaque commémorative d’Héritage Canada
Les bâtiments au Canada qui portent cette plaque
sont ceux pour lesquels la FHC est intervenue par
l’achat, l’investissement ou des ententes de protection.
C’est ainsi que la FHC
a délibérément décidé
d’axer son action et sa
stratégie sur les immeubles
patrimoniaux et
les lieux historiques. Le
conseil d’administration
a donc voulu préciser
que la FHC viserait à
compléter le rôle des
organismes du patrimoine
déjà existants
plutôt que d’empiéter sur
leurs compétences. Et
plutôt que de créer une
fiducie nationale fondée
sur l’acquisition d’attraits
touristiques ou de
maisons-musées en bon
état, la FHC a lancé un
programme novateur de
« Conservation des secteurs
». Ce programme
entraîne l’acquisition de
bâtiments ou de groupes
de bâtiments en vue d’attirer
les investissements
du secteur privé et de
déclencher au bout du
compte la revitalisation
complète de collectivités.
Compte tenu de la vaste
superficie du Canada, le
conseil a déterminé que
la simple acquisition
d’un ensemble de sites
historiques ne suffirait
jamais à combattre
l’ampleur de la démolition
et de la négligence.
Programme de biens de la FHC
Situé à Dawson (Yukon), l’hôtel Yukon compte parmi les 75 biens du patrimoine que la FHC a mis en valeur directement
en faisant leur acquisition ou en y investissant. Un autre projet est le Heartz-O’Halloran Row sur la rue George
à Charlottetown, un ensemble d’immeubles au sud de la Province House. « C’était la première fois que d’importants montants étaient consacrés à la restauration du patrimoine. Je vous assure qu’après, les gens ont commencé à s’y intéresser », a rappelé Catherine Hennessey, qui s’est longuement consacré à la défense du patrimoine de l’Île-du-Prince Édouard. La collection actuelle de la FHC consiste en cinq biens du patrimoine dans trois provinces, dont deux détenus en fiducie pour le compte de la Couronne fédérale.
En 1975 le programme
Conservation des
secteurs a investi dans
la ville de St. John’s
à Terre-Neuve pour
endiguer la vague de
destructions engendrée
par un projet de
renouveau urbain de
l’ère du bulldozer.
« Le programme Conservation
des secteurs
permettra de préserver
le paysage urbain d’un
quartier, ce qui aidera à
perpétuer et rehausser
le caractère du secteur,
dira Shannie Duff qui
était alors membre du
conseil d’administration
de la FHC représentant
Terre-Neuve. Il augmentera
sensiblement son
potentiel touristique
et son attrait pour les
entreprises commerciales.
Plus encore, il
préservera dans l’intérêt
de tous les citoyens de
St. John’s une oasis
familière où ils pourront
reprendre contact
avec leurs racines. »
D’autres projets du
programme ont profité
à des endroits
comme St. Andrews-
By-The-Sea (Nouveau-
Brunswick), Annapolis
Royal (Nouvelle-Écosse),
Barclay Square à
Vancouver, le quartier
de la Bourse
à Winnipeg et Old
Strathcona à Edmonton.
Programme Conservation des secteurs
Dans les années 1960, le quartier Old Strathcona
d’Edmonton était menacé de démolition pour faire place à une autoroute. Ce district témoin de l’essor de la ville est devenu un des premiers à bénéficier du programme Conservation des secteurs de la FHC, en 1974. Aujourd’hui, le conseil communautaire du secteur Old Strathcona s’emploie à faire connaître une destination dynamique et conviviale, fière de ses importants atouts patrimoniaux.
D’abord lancé sous
forme de projet pilote, le
programme de conservation
des secteurs
s’est ensuite converti
en un programme Rues
principales Canada en
1979. Ce programme a
pour but la revitalisation
du centre des villes et
villages en même temps
que la préservation de
leurs lieux historiques.
« Notre tâche consistait à
canaliser le mouvement
en réaction au boom de
la construction inconsidérée
des années de
l’après-guerre, affirmait
à l’époque le président
de la FHC Pierre
Berton. Nous voyons
maintenant le balancier
s’orienter en faveur de
la préservation. »
Avant et après – Rues principales
« Un collègue m’a récemment demandé “Qu’arrive-t-il après un programme Rues
principales?” À Fort Macleod (Alberta), le bureau de Rues principales a 25 ans; il prouve
que le processus ne prend jamais fin. Il ne le peut pas. Ces endroits aident à définir
notre identité, notre sens d’appartenance. Ils doivent et peuvent demeurer viables d’une
génération à l’autre. Nous avons tous un rôle à jouer pour nous assurer qu’ils le fassent. »
- Jim Mountain, premier coordonnateur du bureau de Rues principales de Fort Macleod.
En 1991, Rues principales
Canada était présent
dans chaque province et
territoire. Soixante-dix
collectivités y avaient
souscrit et obtenu des
succès remarquables :
des milliers d’emplois,
de nouvelles entreprises
et plus de 90 millions
de dollars d’investissements
privés.
Rues principales
Canada a engendré
des programmes en
Alberta, en Ontario et
au Québec. Il a aussi
inspiré le programme
Main Street en Australie.
Le programme national
a pris fin au début des
années 1990 lorsque
le gouvernement fédéral
a cessé d’y contribuer.
La FHC a formé
un partenariat avec la
Fondation Rues principales
afin de poursuivre
l’action au Québec.

Programme national des prix du patrimoine
La FHC a créé le programme national de prix du patrimoine en collaboration avec Son Altesse Royale le prince de Galles, Mme Gabrielle Léger et les lieutenants-gouverneurs du Canada. Le programme rend hommage à l’excellence dans la conservation du patrimoine.
Inciter les
Canadiens
à célébrer
et visiter
les lieux
historiques
La sensibilisation et la
promotion ont toujours
été des activités
fondamentales de la
FHC. Une gamme
de programmes a
été élaborée au fil
des ans pour faire
mieux connaître le
patrimoine et y intéresser
les Canadiens.
Le magazine Héritage
La FHC publie depuis
1973 un magazine
trimestriel bilingue.
Lieux historiques
La FHC possède un portefeuille de propriétés et collections
historiques accessibles au public. Les membres de la FHC bénéficient d’accords réciproques donnant aux membres accès aux propriétés d’organismes analogues en Australie, en Angleterre, en Écosse, au pays de Galles et aux États-Unis.
Portes ouvertes Canada
Lancé en 2002, Portes ouvertes Canada reconnaît la possibilité d’augmenter la compréhension et l’appréciation qu’ont les Canadiens de leur environnement architectural local tout en rehaussant la sensibilisation au patrimoine bâti.
Fête du patrimoine
La FHC propose au pays tout entier de célébrer la Fête du patrimoine le troisième lundi de février chaque année.

Renforcer le
secteur du
patrimoine
Depuis sa première
conférence, à Ottawa
en 1974, la FHC a
toujours reconnu l’intérêt
à réunir les gens afin
qu’ils puissent discuter,
apprendre et échanger.
En 1982, afin de faire
fond sur l’expérience
des conférences et de
relier les groupes et
défenseurs individuels
du patrimoine de tout
le pays, elle a constitué
le Réseau canadien du
patrimoine. Aujourd’hui,
le Forum de leadership
pour le patrimoine bâti
marque un retour à cette
stratégie de réseautage.
Renforcement du secteur du patrimoine
Le Forum de leadership pour le patrimoine bâti, un groupe de chefs de file issus des organismes du patrimoine des provinces et des territoires, procure
une nouvelle occasion d’échanges, de réseautage et de formation continue, tout en favorisant les actions collectives qui influent sur les politiques publiques.
Le Web a révolutionné
la façon dont les gens
interagissent. Des
milliers de Canadiens
reçoivent maintenant
les communiqués de la
FHC et se tiennent au
courant grâce au site
Web de l’organisation.
En 2007, la FHC a
lancé une nouvelle
façon de s’unir et de
protéger : AGORA-L est
un outil gratuit de type
courriel permettant de
discuter des enjeux et
d’échanger des idées
sur la conservation
du patrimoine au
Canada. Les membres
communiquent avec
d’autres partout au
pays et discutent de
questions et de solutions
sans quitter leur propre
bureau. AGORA-L est en
bonne voie de s’établir
comme source de
conseils et d’information
sur les réussites.
Conférence annuelle
La conférence de la FHC offre la possibilité de dégager une perspective nationale et d’entretenir une conversation nationale sur les défis et les possibilités qui se présentent aux lieux historiques et à leurs propriétaires, gestionnaires et défenseurs.
Jeunesse Canada au travail
JCT donne aux étudiants et récents diplômés une occasion d’acquérir
de précieuses aptitudes et expériences de travail dans le domaine du
patrimoine. En même temps, le programme aide les organismes du
patrimoine à réaliser des projets importants. La FHC distribue les fonds
du programme pour le compte du ministère du Patrimoine canadien.
La
revitalisation
des
collectivités
La filiale de la FHC
la Fondation Rues
principales offre depuis
1984 une aide experte
à la revitalisation
communautaire et
socioéconomique. Plus
de 150 villes et villages
en ont profité. Le
réseau Rues principales
comprend aujourd’hui
près de 50 municipalités.
Rues principales : revitalisation
des collectivités
La Fondation Rues principales, une organisation affiliée à la fondation Héritage Canada, a aidé des centaines de communautés au Québec et au Nouveau-Brunswick à intégrer la conservation du patrimoine au développement durable. De 1997 à 2002, l’approche de Rues principales
visant 700 bâtiments historiques a suscité la création de plus de 1200 nouveaux emplois et 360 nouvelles entreprises, et engendré des investissements de 31 millions de dollars du secteur public et 98 millions de dollars du secteur privé. www.fondationruesprincipales.qc.ca
Des lieux
à sauver
La FHC adopte une
démarche à plusieurs
volets pour aider
les Canadiens à
assurer la survie des
lieux historiques :
les programmes de
sensibilisation comme
les prix nationaux du
patrimoine, la Fête
du patrimoine et les
activités Portes ouvertes
relèvent de la célébration.
Mais les bâtiments ont
besoin d’une attention
d’un autre genre.
Il y a trois ans, la FHC
a lancé la tradition
du palmarès des sites
menacés. Il attirait ainsi
l’attention du Canada sur
les 10 lieux historiques
les plus menacés,
révélés par notre écran
radar pancanadien.
Le palmarès est un
puissant outil pour
susciter l’intérêt des
médias et renforcer la
volonté des groupes
locaux et des autorités
à trouver des solutions.
La South House est sauvée!
La South House est une maison pittoresque de style néogothique de 150 ans
située sur le terrain de l’historique école Rothesay Netherwood, au Nouveau-
Brunswick. Elle figurait au palmarès 2005 des sites les plus menacés dressé par la FHC. Grâce aux efforts inlassables d’anciens de l’école, de membres de la collectivité et de groupes locaux, sa préservation est acquise. L’attention nationale que la FHC a attirée sur sa cause avait contribué à la pression s’exerçant pour que le conseil d’administration de l’école trouve le moyen de la sauver.
Le Comité de sauvegarde de la South House a organisé des campagnes,
demandé et obtenu des injonctions contre sa démolition, puis trouvé une
approche permettant d’en arriver en coopération avec le conseil d’administration à une solution assurant la restauration de la maison. En fin de compte, le conseil d’administration a accepté une proposition de compromis sauvegardant la partie originale de la maison sans ses annexes ultérieures. Le comité a ensuite mené une campagne de financement remarquable en vue de réunir 400 000 $ pour la restauration.
Ce sont ces problèmes
communs qui ont aidé
à façonner et orienter
les revendications de
la FHC en matière de
politiques publiques.
La protection des gares ferroviaires
De 1982 à 1988, la FHC a travaillé inlassablement pour faire de la Loi sur la protection des gares ferroviaires patrimoniales une réalité.
Changer
le système
En 1974 la FHC a
élaboré un « livre brun
sur la législation ». Les
trois recommandations
principales de ce
document : un registre
canadien des propriétés
patrimoniales; des
lois provinciales
convenables pour
protéger les propriétés
enregistrées; et des
programmes provinciaux
et fédéraux pour offrir
de l’aide financière
aux propriétaires de
ces propriétés. Il est
devenu le guide de
l’action ultérieure
de la FHC visant les
codes du bâtiment, le
recyclage, le financement
hypothécaire et les
incitatifs fiscaux pour les
bâtiments patrimoniaux.
Depuis sa création,
la FHC a mené des
recherches sur les
mesures fiscales et
préconisé le recours à
celles-ci afin que les
bâtiments historiques
deviennent attrayants
aux yeux des promoteurs.
Aux États-Unis, la mise
en oeuvre en 1976 d’un
crédit d’impôt pour fins
de réhabilitation par le
gouvernement fédéral a
favorisé la réhabilitation
de plus de 31 000
biens historiques faisant
intervenir plus de
31 milliards de dollars
en investissements
du secteur privé.
En 1999, Parcs Canada
a lancé l’Initiative des
endroits historiques, une
collaboration fédéraleprovinciale-
territoriale
visant à promouvoir
la conservation du
patrimoine bâti du
Canada. Un élément
clé en était le Fonds
pour favoriser les
propriétés patrimoniales
commerciales (FFPPC),
un programme
pilote prévoyant des
contributions de
30 millions de dollars et
inspiré du crédit fiscal
à la réhabilitation des
États-Unis. Le FFPPC
a réussi à démontrer à
quel point un incitatif
fédéral même modeste
pouvait stimuler
l’investissement privé
dans les lieux historiques.
Les 21,5 millions de
dollars répartis entre
les 49 premiers projets
ont engendré plus de
huit fois autant en
investissements du
secteur privé et donné
à des bâtiments vides
et négligés de nouvelles
vocations dynamiques.
Récemment, la FHC a
déclenché une campagne
publique sur la nécessité
d’incitatifs fiscaux. En
collaboration avec des
représentants de groupes
patrimoniaux locaux
et en recourant à des
pétitions électroniques
aisément accessibles,
elle a suscité un appui
plus vaste et plus vocal.
Au cours des deux
dernières années, les
ministres provinciaux et
territoriaux chargés de la
culture et du patrimoine,
ainsi que sept grandes
villes, dont Vancouver
et Toronto, ont demandé
au gouvernement fédéral
de prendre des mesures
fiscales pour inciter le
secteur privé à investir
dans la réhabilitation
des biens patrimoniaux.
Préserver, pas remblayer!
Les membres et les amis de la FHC ont signé une pétition en ligne revendiquant des incitatifs financiers à la réhabilitation de bâtiments
historiques pour éviter que ceux-ci n’aboutissent aux sites d’enfouissement.
Les
prochains
35 ans
Le mandat de la
fondation Héritage
Canada a toujours paru
énorme compte tenu
du contexte juridique,
financier, politique et
physique complexe
dans lequel existent
les lieux historiques.
Le présent et l’avenir
exigent une perspective
encore plus vaste. Pour
s’attaquer au nouveau
défi le plus pressant de
notre époque, la FHC
s’alignera d’encore plus
près avec le mouvement
environnemental.
Reconnaissant le fait
que les lieux historiques
s’inscrivent dans un
continuum de bâtiments
existants anciens
et récents, la FHC
participera à assurer
un avenir durable en
aidant les Canadiens
à « Préserver, pas
remblayer! » dans
les 35 ans à venir.
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La restauration du parement de bois des
édifices historiques – la maison Runciman :
Une étude de cas Texte et photos par Andrew Powter
La maison historique Runciman, située
à Annapolis Royal (Nouvelle-Écosse) est
très représentative des maisons de style
Regency du début du XIX e siècle.
Dans notre dernier numéro, l’article intitulé « Conserver le parement en
bois des immeubles historiques » décrivait les avantages que comportait
la préservation des revêtements historiques des parements et signalait les
désavantages qu’impliquait leur recouvrement avec des matériaux modernes
comme l’aluminium ou le vinyle. Il décrivait également la restauration
et la remise à neuf des parements de bois. L’article d’aujourd’hui
relate une étude de cas portant sur les méthodes de restauration des
parements utilisées lors de la réfection de la maison Runciman.
Depuis deux ans, la fondation Héritage Canada (FHC) effectue des travaux
de ravalement à la maison Runciman, un édifice historique de 200 ans
situé à Annapolis Royal en Nouvelle-Écosse et propriété de la FHC.
La réfection du parement extérieur en bois (incluant les bardeaux sur les
côtés et l’arrière du bâtiment et les planches biseautées à clin horizontal
sur la façade) fait partie du mandat de l’entrepreneur Sefton Squires de la
firme Renaissance Property Services d’Annapolis Royal.
Le parement
La peinture du mur arrière en
bardeaux est écaillée.
Les élévations latérales et arrière de la maison sont recouvertes de bardeaux de cèdre
blanc ébiselés de dimensions variées. La façade est recouverte d’un parement en bois
biseauté de 125 mm.
À en juger d’après l’accumulation de peinture sur le parement, la surface rabotée à la
main et les clous forgés, on peut avancer qu’une grande partie sinon l’ensemble du
parement est d’origine. Les quatre faces ont été peintes dans des tons de jaune et les
moulures découpées en blanc.
État du parement
Clous forgés originaux du parement. Les
clous du parement étaient rouillés, mais
ceux de la charpente étaient intacts.
Une inspection du bâtiment
montre que son état est variable.
Les bardeaux de bois sont en assez
bon état. Le plus gros du problème
concerne les endroits où les couches
de peinture et d’apprêt ont
disparu, laissant le bois à nu.
Le parement biseauté de la façade principale pose d’autres problèmes. Après en
avoir discuté avec Sefton Squires, il a été convenu qu’il fallait restaurer la façade pour
prolonger sa durée de vie. Non seulement des planches avaient-elles gauchies (sans
doute parce que les clous avaient cédé), mais certaines révélaient de la pourriture aux
extrémités (notamment celles apposées sur de petits murs à l’ombre), des fissures et
des fentes, des clous émergeant et des accumulations de peinture. De plus, l’enlèvement
de la peinture à certains endroits avait abîmé la rive apparente de la planche,
affaiblissant ainsi la netteté des lignes horizontales de la façade.
Finalement, la couleur du parement était passée à un jaune pâle, qui ne contrastait
plus avec les moulures d’ornement.
Traitement
En accord avec l’entrepreneur, un programme a été mis au point pour traiter le
parement. Pour les bardeaux, il a été convenu de protéger le bois et d’appliquer une
couche d’apprêt et deux couches de peintures. Les bardeaux
abîmés et manquants seraient remplacés, fixés avec des clous
galvanisés et repeints.
Quant au parement de la façade, il a été convenu de le décaper
complètement, d’une part pour éliminer les épaisseurs de
peinture accumulée et d’autre part pour permettre une bonne
inspection afin de pouvoir réparer tous les défauts. Les petites
imperfections pourront être corrigées avec des adhésifs
époxyde, mais pour combler les trous et les écarts, il faut utiliser
de la colle et des serre-joints ou faire des réparations menuisées.
Les planches du parement doivent être indépendantes les unes
des autres pour pouvoir se contracter ou se dilater au besoin.
L’objectif était de remplacer le moins de planches possible.
Des critères ont été établis pour déterminer ce qui devait
être remplacé et réparé. Il a été convenu que les réparations
seraient faites sur place autant que possible; les matériaux
ne seraient réparés en atelier qu’en cas d’absolue nécessité
seulement.
L’intention de la FHC n’était pas de restauré l’extérieur du bâtiment. Étant donné
les modifications survenues avec les années, cela s’avérait irréaliste sinon impossible.
Cependant, des preuves tangibles et des photographies d’époque ont motivé la
décision de changer la couleur du bâtiment pour passer d’un jaune plutôt délavé à
un jaune plus prononcé dans les valeurs plus pâles de moutarde.
Réalisation
On a procédé à l’enlèvement de la peinture au moyen de grattoirs et du système à
infrarouge « Silent Stripper ». Les appareils de décapage dits silencieux ramollissent
la peinture et le vernis après une exposition de 20 à 40 secondes à la chaleur sans
utiliser de solvants chimiques. (Voir www.swedepaint.ca)
Les résidus de peintures ont été éliminés suivant les directives provinciales. Les murs
latéraux et arrière ont été débarrassés de toute peinture cloquée, puis le bois nu a été
enduit d’apprêt, enfin toute la surface a reçu deux couches de peinture.
Cela a été un peu plus compliqué pour le mur de la façade principal car à certains
endroits il était en plus mauvais état. Ainsi, pour ce type de mur, il ne suffit pas de
renfoncer les clous à leur place, il faut habituellement les retirer, remplir les trous avec
un mastic et poser de nouveaux clous tout à côté.
Le processus d’enlèvement de la peinture s’est effectué de manière égale bien que
lente et n’a à peu près pas endommagé la surface et le bord des planches.
Une fois le mur décapé, il est clairement apparu que les petites sections du porche qui
étaient à l’ombre devaient être remplacées. Pour ce faire, on a utilisé de belles planches
d’épinette nettes de tout défaut. Les planches de ce parement étant petites, elles
ont été vite ouvrées et installées sans problème.
Par chance, les planches plus longues étaient structuralement assez saines pour rester
en place. Finalement, les réparations ont pu être faites directement sur place, y compris
les étapes nécessitant de la colle et des serre-joints. Par conséquent il n’a pas été
nécessaire de scier les clous ni de réinstaller ces lourdes planches.
Dans le cas où des sections plus grandes devaient être réparées, on a utilisé des flipots
puis on les a enchâssés. La restauration du bois au moyen d’un important volume
d’époxyde ou d’autres matériaux non dérivés du bois n’est pas recommandée puisque
ces matériaux n’ont pas les mêmes caractéristiques d’expansion et de contraction
que le bois.
Ce genre de travail s’apparente à la réparation de la coque d’un
bateau, laquelle est souvent réalisée en partie sur place et en
partie en atelier avec moult ajustements.
Les nouvelles planches ont été enduites d’une couche d’apprêt
sur toutes les surfaces avant d’être posées. Le régime habituel
des trois couches a été appliqué au parement. (La couche de
fini est une peinture extérieure au latex Benjamin Moore, base
moyenne, fini velouté, couleur no cc210 Dijon.)
Établissement du prix et envergure du travail
Il était important d’obtenir un prix fixe pour les fins du budget.
Or, comme on ignorait quelle était l’étendue des réparations,
le budget devait être suffisamment souple pour accepter une
révision à la hausse des travaux. Partant, un prix fixe a été établi
pour le travail pouvant être facilement quantifié et un prix
unitaire a été négocié pour les réparations au parement. (Voir
l’encadré « Élaboration des spécifications ».)
Conclusions
Les travaux pour restaurer les structures anciennes du parement demandent de la
patience, de la minutie et une connaissance des méthodes de construction traditionnelle.
Ils exigent également des compétences de haut niveau en menuiserie de même
qu’un équipement spécialisé. Comme il a été décrit plus haut, le projet de réfection du
parement de la maison Runciman est le plus important jamais entrepris en 200 ans,
soit depuis la construction de la maison. En dehors d’un entretien de routine tous les
cinq ans, les bâtiments que l’on retrouve dans des milieux humides comme celui-ci
devraient faire l’objet de travaux majeurs, à l’instar de ceux qui viennent d’être réalisés,
au moins tous les 50 ans.
Élaboration des
spécifications
Les présentes
directives serviront
à obtenir une
estimation des
coûts et à rédiger
les spécifications du
travail à être réalisé
par un entrepreneur
pour réparer les
structures anciennes
de parement.
Soumission
Spécifier une somme globale ventilé comme suit :
- Pour préparer et repeindre tous les murs extérieurs, parement et moulures (à l’exclusion du
porche en façade).
- Pour réparer et remplacer les planches et les bardeaux. (Donner un prix pour un nombre
déterminé de réparations, joints, flipots et un prix unitaire pour le remplacement des
planches, bardeaux et moulures – pour la façade principale seulement. Préciser un tarif
horaire et un prix unitaire pour les réparations devant être faites en surplus, établies d’après
l’état des lieux.)
Matériaux nécessaires
- Apprêt pour le bois : huile de lin bouillie diluée à parts égales avec de la térébenthine.
- Couvre-noeuds : couvre-noeud de type « Bulls Eye » de Zinser.
- Couche d’apprêt : un apprêt haut de gamme à base d’huile de Benjamin Moore.
- Couche de finition : une peinture haut de gamme à base d’huile avec un fini semi-brillant de
Benjamin Moore.
- Couleurs de la peinture : d’après les fenêtres, les châssis, les moulures et le corps du
bâtiment.
- Clous et fixations : d’après la recommandation de l’entrepreneur en accord avec le
représentant du client.
Instructions
Parement et moulure extérieurs : Le but est d’enlever toutes les couches accumulées sur le
parement et les moulures pour mettre le bois à nu; de faire toutes les réparations nécessaires
afin que le parement soit stable et qu’il puisse faire face aux rigueurs du climat sans toutefois
dépouiller la structure historique plus que nécessaire; puis remettre en état. À cette étape on ne
tiendra pas compte du porche.
- Enlever tous les enduits jusqu’à ce que le bois soit à nu en utilisant des techniques qui n’endommagent
pas le bois et qui sont approuvées par le représentant du client. Protéger les
surfaces, les éléments en relief et les bords pour ne pas les endommager. Enlever et mettre
au rebut toute peinture suivant les codes et les règlements municipaux et provinciaux.
(Ce travail devra être établi sur la base d’un prix forfaitaire.)
- Réparer ou remplacer le parement endommagé, fendu, déplacé ou manquant après consultation
avec le représentant du client en utilisant des flipots et en juxtaposant les onglets aux
nouvelles longueurs de planches. Inscrire la date au dos de toute nouvelle pièce de bois.
Garder en réserve dans le garage un échantillon dûment étiqueté du parement remplacé.
(Ce travail devra être établi sur la base d’un tarif horaire et du prix des matériaux.)
- Remettre en état en appliquant trois couches selon les directives du manufacturier en ce
qui a trait à l’humidité et à la température. Toutes les surfaces du nouveau bois doivent être
enduites d’une couche d’apprêt.
Bardeaux et moulures extérieurs (trois murs) : Le but est d’enlever la peinture cloquée, écaillée
ou faïencée jusqu’à ce qu’on atteigne une surface peinte saine ou le bois nu. Réparer les bardeaux
endommagés pour qu’ils résistent aux éléments. Remettre en état.
- Enlever tout matériau qui adhère mal, poncer et traiter le bois avec trois couches d’enduit.
- Remplacer les bardeaux endommagés avec de nouveaux bardeaux qui s’harmonisent. Veiller
à ce que le modèle et les dimensions correspondent. (Ce travail devra être établi sur la base
d’un prix forfaitaire.)
Andrew Powter a participé
à des programmes et
projets nationaux et
internationaux touchant le
patrimoine. Il s’intéresse en
particulier aux structures
de bois historiques, au
rendement de l’enveloppe
des bâtiments et aux
pratiques durables de
conservation du patrimoine.
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Conserver le parement en bois des immeubles historiques
par Andrew Powter
Nous pensons souvent que le bardage est un phénomène moderne, mais on y recourt sous une
forme ou une autre depuis des siècles. La préservation du caractère historique du bardage traditionnel
d’immeubles plus anciens peut poser des difficultés aux professionnels du patrimoine.
Le bardage est habituellement utilisé pour recouvrir des murs verticaux
(ou presque verticaux). Il a d’habitude pour fonction de protéger le bâtiment
des intempéries, mais il peut aussi être décoratif.
On trouve sur les bâtiments du bardage d’une grande variété de matériaux,
de formes et de dimensions. Un type de bardage est parfois utilisé en combinaison
avec un second. Il y a des bardages aux planches horizontales ou
verticales, des bardeaux en asphalte ou des matières semblables comme
l’Insulbrick, des bardeaux d’amiante-ciment et du métal en feuille ou en
panneau.
Comme toute composante d’un bâtiment, le bardage est exposé à diverses
forces naturelles qui entraînent une détérioration exigeant périodiquement
de l’entretien et des réparations. De nombreux propriétaires veulent éviter
le coût et la peine de l’entretien du bardage, et optent pour un recouvrement
en matériaux exigeant peu d’entretien comme le vinyle ou l’aluminium.
Quels sont les avantages et inconvénients de cette solution controversée pour
le bardage d’un bâtiment historique?
Parement en bois et caractère patrimonial
Le bardage varie selon la période de construction ainsi que la technologie, les matériaux
et les compétences disponibles, et il traduit les tendances stylistiques, la mode,
le climat et l’évolution industrielle. Récemment, le choix de bardage a été influencé
par le marketing et les transports. Par exemple, au Canada du 19e siècle, les bardeaux
de cèdre rouge de l’Ouest provenant de Colombie-Britannique ont en grande partie
remplacé d’autres types après la construction du chemin de fer transcanadien.
Les choix en matière de bardage pour les
immeubles historiques sont donc des facteurs
importants pour situer leur appartenance
à une collectivité, une région et une
époque, et par conséquent leur caractère
patrimonial. Par exemple, les immeubles
résidentiels d’avant la Première Guerre
mondiale qu’on trouve encore dans
l’ouest de Vancouver sont parmi les rares
témoins de l’époque où l’économie de la
vie était axée sur le bois d’oeuvre.
Maintenir et entretenir un
bardage de bois authentique
« Systèmes » de bardage
Un « système » de bardage en bois comprend habituellement une surface de protection
contre les intempéries (le bardage lui-même), qui est fixée à une surface (comme
des planches, des lattes ou des entretoises) par des attaches (généralement des clous).
Le bardage est habituellement enduit d’un revêtement protecteur comme de l’huile,
de la teinture, du lait de chaux ou de la peinture. Une certaine forme de protection
contre le vent (écorce, papier kraft, Tyvek, etc.) est souvent posée derrière le bardage.
Du mastic recouvre et protège les fixations. Un parement en bois est d’habitude posé
à l’horizontale (biseauté, fendu, longues planches, courtes planches, bord profilé, à
gorge, dénivelé, avec feuillures), à la verticale (planches simples, planches avec couvrejoints,
planches bouvetées) ou sous forme de bardeaux.
Menaces et formes de détérioration
Le bardage se détériore lorsque de l’humidité s’y introduit et qu’il manque de ventilation,
ce qui entraîne une dégradation et permet aux insectes de s’y attaquer. Le
bardage vertical est particulièrement susceptible si le grain de l’extrémité inférieure
n’est pas scellé. Si le bardage n’est pas protégé par un enduit bien entretenu comme la
peinture, il se détériore sous l’effet des intempéries (cycles de mouillage et de séchage,
rayons ultraviolets, abrasifs véhiculés par le vent). La couleur change graduellement
de celle du bois frais au gris tiède des planches de grange.
Les autres forces, comme les impacts, sont beaucoup moins
dommageables
L’agent de détérioration qui est peut-être le plus problématique est la peinture. La
peinture peut s’accumuler avec le temps jusqu’à former une couche épaisse, imperméable
et rigide. Celle-ci empêche l’expansion et la contraction naturelles du bardage
et peut faire en sorte que le bois fende ou se fissure. Une épaisse couche de peinture
peut elle-même se fissurer et fendre (on dit qu’elle forme une « peau d’alligator »)
puisque ses taux d’expansion et de contraction sont différents de ceux du bois sur
lequel elle repose. Si un bâtiment a été repeint trop souvent ou s’il n’a pas été préparé
convenablement avant d’être repeint, il arrive une fois, peut-être après 100 ans ou plus,
où l’accumulation excessive de peinture doit être enlevée pour exposer le bois nu.
L’application d’une nouvelle couche de peinture et plus encore le décapage suivi de la
peinture peuvent eux-mêmes créer une menace. C’est alors que de nombreux propriétaires
recourent à un entrepreneur en revêtement en aluminium ou en vinyle.
Réparation et conservation
Un programme de réparation du bardage donne au propriétaire une occasion d’examiner
son bâtiment à la loupe afin de repérer les fentes, de remettre en place les clous
sortis, de recouvrir les têtes de clous de mastic et de procéder à d’autres opérations
d’entretien. Bien que de petites réparations puissent être effectuées avec le bardage
en place, il est souvent préférable de réparer le bardage sur un établi pour améliorer
l’ajustement et l’encastrement.
Les planches de bardage peuvent être repeintes individuellement en enlevant le matériau
détérioré jusqu’à un bord solide et droit, et en faisant les réparations nécessaires
au moyen de flipots et autres pièces rapportées. Il faut toujours utiliser un bois d’une
essence semblable, ayant la même densité et avec le grain orienté dans le même sens.
Des adhésifs résistant à l’humidité produisent les réparations les plus durables.
Si une planche de bardage est détachée, on peut la refixer à son montant en utilisant
un clou de dimension semblable à l’ancien. On enlève l’ancien clou et on remplit le
trou. Il faut veiller à ne pas clouer de trop près des planches légèrement bombées
parce qu’elles pourraient se fendre.
On enlève les planches de bardage en retirant les clous exposés et en utilisant une
lame de scie pour couper par l’arrière les clous dissimulés. Des précautions s’imposent
pour éviter d’endommager les planches adjacentes.
La tâche est plus facile avec un bardage biseauté qu’avec bardage à gorge ou à planches
bouvetées. Pour ces profils plus complexes, les réparations sur place peuvent
être préférables. Pour effectuer plusieurs réparations, il peut être nécessaire de
démonter une petite longueur de planche sous l’endroit voulu pour obtenir assez
de place pour manoeuvrer. En outre, l’intérieur de la rainure peut devoir être sacrifié
pour poser la nouvelle planche finale. Une fois que la planche est réparée ou que la
nouvelle planche est fabriquée, elle peut être glissée sous la planche supérieure et
fixée en place. Mieux vaut s’en tenir à un clou par montant pour permettre un certain
mouvement. À noter, l’endos du bardage devrait toujours être apprêté avant d’être mis
en place.
Réfection
Lors de la peinture de bois extérieur, la préparation est l’étape la plus importante. On
gratte la peinture détachée et on sable la surface pour donner une prise au nouvel
enduit. La poussière doit être essuyée. Un couvre-noeuds de première qualité doit
être appliqué sur les noeuds exposés. Même un noeud de 100 ans paraîtra, donc il
importe de le sceller. On applique un apprêt à l’huile puis deux couches de peinture
de finition à l’huile ou au latex.
Si le bois a perdu la plus grande partie de sa peinture et est très altéré, il faut bien le
poncer pour éliminer les fibres de bois qui se détachent. Après avoir brossé la surface
pour la nettoyer, on applique une couche composée d’huile de lin bouillie et de
diluant à parts égales, pour conditionner le bois.
La peinture qu’on enlève peut contenir du plomb. Il faut donc la soumettre à des
essais pour s’assurer de respecter les exigences relatives à la santé, à la sécurité, au
confinement et à l’élimination des déchets.
Les propriétaires peuvent choisir de recouvrir un nouveau bardage directement
au-dessus de l’ancien. Le stuc, l’Insulbrick et les tuiles d’amiante-ciment ont tous eu
leur période en vogue. De fait, certains de ces matériaux commencent à être appréciés
pour leurs propres qualités. Depuis les années 1960, les parements en vinyle et
en aluminium ont souvent été envisagés pour préserver les matériaux historiques.
L’industrie du parement en vinyle propose de nombreux produits aux propriétaires
d’immeubles patrimoniaux (voir www.vinylsiding.org).
Cette tendance est controversée. Quels sont les facteurs à prendre en compte?
Entretien et coût
Préparer et peindre une maison en bois peut être une tâche intimidante, mais on peut
atténuer la difficulté en prévoyant des retouches au bout de cinq ans et une nouvelle
couche générale tous les sept ans ou plus.
Le parement en vinyle ou en aluminium dure environ 20 à 25 ans, soit l’équivalent de
deux à quatre applications de peinture. Selon des données américaines, le revêtement
en vinyle coûte environ deux fois et demie une peinture complète.
Par ailleurs, le vinyle et l’aluminium ne sont pas sans exiger d’entretien, surtout sur
les bâtiments patrimoniaux qui n’ont pas été conçus en fonction de ces matériaux.
La moisissure peut proliférer sous le parement. De nombreux propriétaires tentent
de régler ce problème en utilisant des nettoyeurs à haute pression. Cependant, le parement
est conçu en vue d’éliminer l’eau venant d’au-dessus; en lavant par en dessous,
on peut faire remonter de l’eau derrière le parement et faire pourrir le bois.
Résistance aux impacts
Ceux qui s’opposent au parement de vinyle et d’aluminium affirment souvent que ces
matériaux sont vulnérables aux impacts et difficiles à réparer. Bien qu’il soit extrêmement
difficile de remplacer du bardage, il est sans doute rare d’avoir à le faire.
Considérations environnementales
La peinture, le vinyle et l’aluminium sont fabriqués avec des ressources non renouvelables.
Comment l’énergie intrinsèque requise pour fabriquer et livrer la peinture se
compare-t-elle à celle nécessaire pour produire l’aluminium et le vinyle? Il est difficile
de le préciser, mais nous savons que le bois coupé et mis en place 100 ans plus tôt
n’exige aucune énergie ou ressource non renouvelable.
Le parement en aluminium ou en vinyle ne réduit pas les coûts de chauffage.
La valeur R d’un bardage avec endos varie au mieux de R0 à R2,5 – soit environ
l’équivalent d’une vitre.
Ces matériaux ne produisent pas d’économies énergétiques. L’aluminium peut
être recyclé, mais pas le vinyle. En outre, le vinyle émet des fumées toxiques et
des substances carcinogènes en brûlant.
Protection
Certains soutiennent que les produits de recouvrement du bardage protègent les
matériaux historiques, mais c’est un faux-fuyant. La pose d’un recouvrement du bardage
est très dommageable en raison du nombre de fixations, du couronnement, du
rognage et de l’élimination de détails nécessaires à une pose convenable.
Dissimulation
Recouvrir le bardage d’un immeuble historique dissimule des dommages qui
devraient être réparés. Il faut souvent utiliser des raccords et branchements non
standardisés. Le calfeutrage joue souvent un rôle important dans la nouvelle finition.
Avec le temps ces détails connaissent des défaillances, ce qui crée des entrées d’eau
et contribue à la détérioration des matériaux sous-jacents. J’ai déjà trouvé une poutre
et une colonne d’un porche qui s’étaient rompus 20 ans après avoir été recouverts
d’aluminium.
Caractère patrimonial
Recouvrir le bardage d’un immeuble historique signifie que son caractère
patrimonial sera compromis pendant les 20 à 30 années suivantes. Il y a
diverses raisons à cela.
Le parement en aluminium ou en vinyle est fabriqué dans une vaste gamme
de largeurs et de couleurs, mais il est rare de trouver des profils historiquement
fidèles. Le fini grené optionnel ressemble davantage à du bois passé au
jet de sable qu’à un parement historique. Le profil à double planche est un
détail inexact qu’aucun ouvrier spécialisé ne reproduirait.
La plus grande préoccupation est l’effet radical que ces matériaux peuvent
produire sur les détails d’un bâtiment. Faute de précautions suffisantes, la
largeur des planches ne respectera pas les dimensions régionales, réduira la
projection des fenêtres ou des portes ou obligera à supprimer des moulures
historiques ou des projections gênantes.
Pour de plus amples renseignements sur la question du parement en
vinyle, voir Vinyl Siding: The Real Issues, du Connecticut Trust for Historic
Preservation à www.cttrust.org.
En 2007, la fondation Héritage Canada
a entrepris de réparer le bardage de
l’historique maison Runciman à Annapolis
Royal (Nouvelle-Écosse). L’immeuble est
recouvert de bardeaux de bois sur deux
côtés et à l’arrière, et de bardage à gorge
avec bourrelet à l’avant, qui comporte
deux baies courbées. Un prochain article
dressera un bilan de toutes les réparations
décrites dans ce texte.
Andrew Powter a participé à des programmes
et projets nationaux et internationaux
touchant le patrimoine. Il s’intéresse en
particulier aux structures de bois historiques,
au rendement de l’enveloppe des bâtiments
et aux pratiques durables de conservation du
patrimoine.
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