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Magazine


 

POINT DE VUE DE LA RÉDACTRICE
3

FAITS SAILLANTS

La gare de McAdam, un lieu communautaire
par Ronald J. Roy
12


Des districts de conservation du patrimoine sous pression
par Sheila Ascroft et Carolyn Quinn
26

SITES MENACÉS

Une rare rotonde ferroviaire en voie d’être démolie
par Sheila Ascroft
33


HÉRITAGE CANADA À L’ŒUVRE

Succès retentissant pour la conférence 2007 de la FHC; une soirée de gala; le mémoire au Comité permanent des finances; résultats des élections au conseil d’administration; nouvelles de la JCT
35

RUBRIQUES

PRATICO-PRATIQUE

Conserver le parement en bois des immeubles historiques

par Andrew Powter
41




PERSPECTIVE NATIONALE

Jacques Dalibard (avril 1935 – septembre 2007)

par Susan D. Bronson, Susan Buggey et Michael A. Tomlan
49

GROS PLAN

Le temps est notre allié : Renaissance communautaire à Fort Macleod

par Jim Mountain
53

MISE À JOUR DU PATRIMOINE
61

L’ACTUALITÉ DU PATRIMOINE
65

PERSPECTIVES
68

L'archives du magazine


 


Point de vue de la rédactrice

Les planificateurs des municipalités considèrent souvent la désignation de district de conservation du patrimoine comme un outil de choix. Cependant, les pressions engendrées par la demande de nouvelles constructions dans ou autour de ces districts menacent le caractère patrimonial qui les rend uniques – et désirables comme lieux où vivre ou travailler, ou à visiter. Les projets de maisons colossales et de grandes tours en hauteur remettent en cause les politiques et lignes directrices destinées à protéger la valeur culturelle et patrimoniale des districts en veillant à ce que leur aménagement y soit compatible. Notre grand reportage examine la source de ces tendances. Pour toutes les parties en cause, la difficulté consiste à trouver des moyens de permettre le développement sans sacrifier le caractère patrimonial. Voir en page 26 « Des districts de conservation du patrimoine sous pression ».

Notre reportage vedette met en lumière la réhabilitation du majestueux ensemble hôtel-gare ferroviaire de McAdam, au Nouveau-Brunswick. Cette réussite est celle de toute une communauté qui, à force de détermination, a su trouver de nouvelles utilisations pour ce qui était jadis une gare florissante. Cet article débute à la page 12.

D’autres témoins de notre patrimoine ferroviaire ne se portent pas aussi bien. Les rotondes historiques du Canada continuent de disparaître, comme celle des chemins de fer Dominion Atlantic à Kentville (NouvelleÉcosse), en juillet dernier. La FHC avait pourtant pressé le conseil municipal de retarder la démolition pour donner le temps de trouver une solution éventuelle. Aujourd’hui, c’est la rotonde qui a aidé à l’établissement de la localité de Biggar, en Saskatchewan, qui fait face au même sort. Les efforts déployés pour protéger cette structure ont eu des échos jusque sur la colline du Parlement. Voyez les détails sous la rubrique Sites menacés, en page 33.

La section du magazine qui traite de la conservation des matériaux a été refondue. Rebaptisée Pratico-pratique, elle présente le premier de deux articles sur l’entretien et la préservation des parements extérieurs en bois – un important facteur du caractère patrimonial d’un bâtiment. Leur conservation permet d’éviter le recours aux entrepreneurs en revêtement d’aluminium ou de vinyle ainsi que l’envoi de revêtements de bois dans les sites d’enfouissement. L’article « Conserver le parement en bois des immeubles historiques » débute à la page 41.

Carolyn Quinn, Rédactrice


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La gare de McAdam, un lieu communautaire - Le récit de la restauration de la gare ferroviaire de McAdam en est un de fierté communautaire et de volonté collective.
par Ronald J. Roy

Grâce aux efforts déployés par de nombreux travailleurs de la communauté, ce monument situé sur le chemin Saunders dans le village de McAdam, au Nouveau-Brunswick, à une heure de route à peine de Fredericton, a été délicatement restauré et adapté à de nouvelles vocations.

Construit en 1900 de granite extrait des carrières locales et généreusement agrandi en 1910-1911, ce grand et majestueux immeuble (87 mètres par 14) a été conçu par William et Edward Maxwell, deux des architectes de gares les plus créatifs du Canada.

Il a été érigé par Joseph McVey. Abritant un hôtel cinq étoiles avec salle à manger de première classe, il est un des rares exemplaires subsistants du style château que privilégiaient les chemins de fer du Canadien Pacifique (CP) au début du 20e siècle. Il est aussi une des rares gares qui intégraient un hôtel.

À l’époque, la localité de McAdam était le carrefour principal pour les trains voyageant vers l’est ou vers l’ouest entre Montréal et les Maritimes, ou entre le nord et le sud, de St. Stephen à Edmundston. À son apogée, jusqu’à 16 trains de passagers y arrivaient dans une journée, remplissant les salles d’attente à capacité. Selon le Répertoire canadien des lieux patrimoniaux, c’est son emplacement stratégique – et l’importance de sa clientèle – qui a incité le CP à construire une gare impressionnante et imposante dotée d’installations de télégraphe, d’un restaurant et d’un hôtel. On y trouvait même une prison à une cellule.

La structure a été désignée lieu historique national en 1976 et lieu historique provincial en 2003. Elle est aussi désignée en vertu de la plus récente Loi sur la protection des gares ferroviaires patrimoniales.

Le dernier train de voyageurs effectuant une liaison régulière a traversé McAdam en décembre 1994, après quoi la gare a été fermée. Lorsque le CP a abandonné ses activités à l’est de Montréal, la Compagnie de chemin de fer du Sud, Nouveau-Brunswick a racheté l’immeuble. Elle l’a par la suite cédée à la McAdam Historical Restoration Commission.

La commission a d’abord consacré des efforts à la collecte de fonds, à la réfection du toit et à des réparations nécessaires. La réparation de l’avanttoit du quai a été un des premiers grands projets; il avait souffert de dommages structurels au fil des ans parce qu’il s’y accumulait de la neige provenant du toit principal.

Pour favoriser l’élan en faveur de la renaissance de la gare, la commission a reconnu qu’il était essentiel de mobiliser la communauté. Lors de la fin de semaine de la Fête du Canada en 2000, la localité a organisé une de grandes retrouvailles. Afin de célébrer à la fois cet événement et le 100e anniversaire de la gare, la commission a ouvert une petite partie du bâtiment au public. Il en a découlé une nouvelle tradition : depuis lors, McAdam célèbre le 1er juillet sous le thème des « journées des chemins de fer », avec des activités dans la gare et ses environs.

À mesure que l’intérêt et la participation de la communauté ont augmenté, la gare est devenue un centre d’activité bien établi. Les réparations nécessaires au bâtiment n’en sont devenues que plus évidentes. Pour pouvoir ouvrir des parties supplémentaires de la gare, la communauté a estimé qu’il faudrait plus de 380 000 $.

Le projet a reçu de solides appuis financiers en 2005 et 2006 lorsque l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA) a annoncé une contribution de 80 p. 100 à même son Fonds d’investissement stratégique dans les collectivités. Le gouvernement provincial du Nouveau-Brunswick a emboîté le pas en consentant d’importants investissements dans la gare par l’entremise de la Direction du patrimoine et la Société de développement régional.

Cependant, la McAdam Historical Restoration Commission devait encore réunir le solde des fonds requis. C’était un grand défi à relever pour un village d’à peine plus de 1 500 habitants. Envers et contre tout, la communauté a accompli la tâche. Elle a organisé des activités de financement telles que visites guidées, location d’espace, grandes activités et festivals, déjeuners et dîners thématiques, campagne de dons, recrutement de membres et programmes de dons personnels. Récemment, la commission a lancé une « campagne des chaises » dans laquelle des particuliers ou des entreprises achètent une reproduction de chaise en hommage à un ancien travailleur ferroviaire.

La politique des portes ouvertes de la gare a accru la participation communautaire. Le fait de montrer au public comment leurs dons étaient dépensés a stimulé les efforts de financement.

En septembre 2007, la gare a organisé une rencontre de travailleurs ferroviaires. Non seulement a-t-elle attiré de nombreux participants, mais elle leur a donné l’occasion de se rappeler leurs histoires des chemins de fer au Canada.

Le récit de la gare de McAdam démontre qu’un financement adéquat est essentiel à la conservation des bâtiments historiques du Canada. Un appui fédéral et provincial aux projets d’entrepreneurs peut stimuler l’investissement du secteur privé dans les structures historiques. L’investissement dans les structures historiques assure la survie de notre histoire, mais en outre crée des lieux où de nouvelles histoires aideront à renforcer les communautés.

Lorsque la contribution provinciale à la gare a été annoncée en mai 2006, le premier ministre du Nouveau-Brunswick a dit que « la gare ferroviaire est devenue un symbole qui caractérise le village de McAdam ». La gare est un symbole non seulement du riche patrimoine ferroviaire de ce pays, mais aussi des efforts d’un petit village qui continue d’entretenir un solide sens d’appartenance. La gare de McAdam est de nouveau un lieu pour la communauté.

Ronald J. Roy, originaire du Nouveau-Brunswick, est aux études supérieures à l’Université Carleton à Ottawa, en conservation du patrimoine et urbanisme.

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