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Point de vue de la rédactrice

Partout au pays, en milieu urbain et rural, les églises, synagogues et autres lieux de culte historiques sont de plus en plus menacés de détérioration et de démolition. Les raisons en sont nombreuses : congrégations en baisse, années de retard dans les opérations d’entretien, évolution démographique et hausse de la valeur des terrains en ville. Résultat, de nombreux lieux de culte disparaissent de nos collectivités.

L’importance des bâtiments religieux dépasse souvent celle qu’y attachent leurs congrégations. Leurs portes s’ouvrent aux activités de quartier et aux services sociaux, ajoutant une dimension culturelle et sociale à leur valeur religieuse. Notre reportage « Préserver les bâtiments d’église – Le prochain grand combat de la conservation du patrimoine » examine certains des défis à relever pour les lieux religieux de l’Île-du-Prince-Édouard.

Pour de nombreux membres des congrégations, il vaut mieux conserver un bâtiment religieux historique même après qu’il a été fermé aux fidèles, plutôt que de le démolir. La difficulté consiste à trouver une nouvelle vocation où la transformation permettra de préserver le tissu historique du bâtiment et où le public continuera d’y avoir accès. Nous présentons une étude de cas démontrant à quel point un gouvernement municipal peut faciliter ce genre de projet. Lisez à partir de la page 16 « Le rôle de la Ville de Québec dans la sauvegarde des églises : Le recyclage de l’église Saint-Esprit ».

Dans le cadre du thème du patrimoine religieux auquel ce numéro est consacré – et dans le cadre du 35e anniversaire de la FHC –, la rubrique Pratico-pratique présente un article sur la conservation des vitraux déjà publié dans Canadian Heritage il y a 20 ans. Les quelques changements survenus depuis dans les méthodes sont résumés dans l’encadré « Quoi de neuf en 2008! ».

Nos palmarès des 10 sites les plus menacés et des plus grandes pertes ont été publiés au printemps dernier, suscitant une grande attention de la part des médias et du public. Ils se retrouvent ici à partir de la page 39.

Donnez-nous de vos nouvelles, par courrier ou par courriel! On peut me joindre à cquinn@heritagecanada.org ou en téléphonant à la fondation.


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Sujet vedette

Préserver les bâtiments religieux – Le prochain grand combat de la conservation du patrimoine
par Christopher Wiebe

Pendant toute sa vie et comme ses parents avant elle, Heather Dingwell avait l’habitude d’aller prier à l’Église unie de New Glasgow (Île-du-Prince-Édouard). Depuis chez elle, elle pouvait voir le bardage à clin blanc de l’église datant de 1840, ses fenêtres gothiques foncées et son clocher de 65 pieds garni d’une croix ornementale des années 1920. Même si elle savait que la congrégation avait baissé à moins de 20 personnes, elle a été troublée par la décision, en 2007, de fermer et vendre l’église.

« Nous discutions depuis longtemps de fermeture, dit Mme Dingwell. À la fin, il n’y a guère eu de résistance à la réaliser. C’était l’aboutissement logique. Mais sur le plan émotif, cela a été très difficile. »

La municipalité a envisagé d’acheter l’église pour en faire une salle de réunion, mais elle a renoncé face aux coûts d’entretien. Le clocher avait besoin de 8 000 $ de réparations et la fondation en pierres avait besoin de soins. C’est en définitive à un soumissionnaire privé que l’église a été vendue. Un service religieux marquant la fermeture de l’église a été organisé en juin, et l’impressionnant clocher sera bientôt démonté comme l’a prescrit le consistoire de l’Église unie de l’Île-du-Prince-Édouard.

Dans le paysage rural ondulant de l’Île-du-Prince-Édouard, les églises sont de véritables monuments; elles jalonnent les routes tous les cinq ou six kilomètres. Ou du moins, c’est ce qu’elles faisaient. De fait ici comme un peu partout dans les campagnes canadiennes, les églises ferment et sont démolies à un rythme alarmant – victimes des changements démographiques, des hauts coûts d’entretien et d’exploitation, et du fait que la plupart des autorités ecclésiastiques s’opposent à la désignation patrimoniale de leurs bâtiments parce qu’elle limite leur capacité de gérer leurs actifs.

Les fermetures d’églises sont pénibles

En tant que lieux de cérémonies et rituels religieux, les églises symbolisent le lien entre le terrestre et le divin. C’est dans leurs murs que se vivent les expériences humaines les plus profondes comme baptêmes, mariages et funérailles. En conséquence, le fait de perdre une église est particulièrement pénible.

À l’Île-du-Prince-Édouard, la douleur est ressentie le plus profondément dans les régions rurales. Seulement 55 % des résidents de la province habitent dans des localités de 1000 résidents ou plus. Selon Harry Holman, directeur de la Division de la culture, du patrimoine, des loisirs et des sports de l’Île-du-Prince-Édouard, des congrégations urbaines peuvent disparaître entièrement, mais habituellement elles conservent toujours leur noyau dans les régions rurales.

« Il subsiste d’habitude une partie de la congrégation dans les milieux ruraux, dit M. Holman. Et l’attachement à un bâtiment d’église est peut-être plus grand qu’en milieu urbain. L’église peut être le seul bâtiment qui reste de l’ancienne communauté – la salle communautaire, le magasin général et l’école sont tous partis depuis longtemps. »

Catherine Hennessey, ancienne conseillère municipale de Charlottetown et activiste bien connue en faveur du patrimoine, observe que chaque groupe ecclésiastique de l’île connaît une évolution différente.

« Les anglicans sont en train d’abandonner discrètement des bâtiments, les presbytériens semblent être en bonne posture pour le moment et les baptistes progressent remarquablement », dit-elle.

Les églises unie et catholique ont des défis particuliers à relever. L’évêque catholique de l’Île-du-Prince-Édouard Vernon Fougère a constaté les difficultés du diocèse : les coûts des services publics et de l’entretien sont élevés, les congrégations se réduisent et il y a une évolution dans les effectifs de l’église. Dans les années 1970, le diocèse comptait 50 prêtres et 80 religieuses. Aujourd’hui, à peine 31 prêtres et moins de 12 religieuses sont actifs dans les paroisses, et la plupart sont d’un âge avancé. Les prêtres peuvent avoir jusqu’à cinq paroisses à leur charge, et ils s’épuisent à la tâche.

« La question n’est pas de savoir si des églises vont fermer ou non, a dit le vicaire général de Charlottetown John Lacey en novembre dernier. Nous sommes déjà aux prises avec ce problème. » Ce que le diocèse tente de faire, dit-il, est de gérer efficacement la restructuration des paroisses catholiques de l’Île-du-Prince-Édouard plutôt que de les laisser fermer au hasard.

Peu après son entrée en fonction en 1994, l’évêque Fougère a créé un conseil diocésain d’initiatives pastorales composé de laïcs et de prêtres et chargé de redéfinir les territoires des 59 paroisses actuelles pour en faire 17. Ce niveau de consultation est inusité. Après avoir examiné l’expérience vécue dans d’autres diocèses nord-américains, l’évêque Fougère « a conclu que le processus de restructuration et d’amalgamation des paroisses se déroule le mieux lorsqu’il y a une ample consultation des paroissiens », dit Joe Byrne, du diocèse de l’Île-du-Prince-Édouard. Tout en reconnaissant qu’elle possède un important patrimoine de bâtiments, celle qui se veut « l’église des pauvres » se préoccupe surtout des gens et non des actifs temporels. Depuis 1994, trois églises ont fermé mais d’autres suivront. Catherine Hennessey croit que le diocèse catholique de l’île a abordé sa situation de façon très raisonnable.

« L’église unie, dit-elle, a été bien moins respectueuse. Des gens m’appellent sans cesse déplorant d’être privés de leurs églises et de n’avoir aucun recours. Des bancs d’église et autres meubles sont mis au rebut sans ménagements. La démarche a souvent paru froide et brutale. »

Il ne fait aucun doute que l’église unie vit une crise profonde et prolongée dans sa base de fidèles. Le révérend David Ewart de l’Église unie Capilano à Vancouver a étudié les tendances de 1965 à 2005 au sein de l’église unie. Le nombre officiel de membres a chuté de 1,1 million à moins de 600 000.

Le révérend Ewart a écrit que selon ses prévisions, « si rien ne vient modifier la baisse constante de nos “données démographiques”, les formidables actifs que sont nos biens immobiliers et nos investissements deviendront un fardeau impossible à gérer; ils viendront à bout des capacités de nombreuses congrégations et les contraindront à fermer faute de pouvoir assumer l’exploitation, l’entretien, la réparation et l’amélioration des biens. Nous sommes riches en biens et pauvres en effectif, et notre richesse pourrait bien mener à notre perte. »

Des décisions à court terme fondées sur des perceptions et des statistiques sur les membres ont des implications à long terme. « Nous n’avons pas encore dressé un inventaire de nos bâtiments historiques, dit Michelle Hogman de l’administration torontoise de l’église unie. Mais il y a peut-être des lieux au Canada qui ont une grande importance historique. Ils devront être recensés et protégés. »

Charge pastorale de la rive sud de l’Île-du-Prince-Édouard



Photo : William Glen
Dans la charge pastorale de la rive sud de l’Île-du-Prince-Édouard, la façon dont ces églises ont été gérées a déçu certains anciens membres de l’église unie. Depuis deux ans, quatre églises historiques ont été fermées et remplacées par une grande nouvelle église – l’Église unie de la rive sud. L’ancienne église de Hampton est maintenant une clinique dentaire; celle de Crapaud, une maison familiale; et celle de Victoria, qui a été achetée par un résident de l’Ontario, reste vide et n’est pas entretenue.

Dans le cas de la quatrième église, à Bonshaw, l’espoir a remplacé la déception initiale. Construite en 1867, cette église en bois pouvant accueillir 100 personnes était la plus ancienne de la région. Les discussions sur sa fermeture ont débuté en 2005.



Photo : William Glen
« La communauté a tenté de l’acheter du consistoire de l’Île-du-Prince-Édouard pour en faire une salle de rencontre, dit l’ancien membre de l’église Sheldon MacNevin. Nous avons reçu de solides indications que la transaction serait approuvée, mais en fin de compte elle ne l’a pas été. » L’église a été vendue en 2007 au plus offrant, à 40 000 $, et les résidents locaux ont été désillusionnés. « J’estime que le consistoire nous a réellement déçus », dit-il.

Heureusement, cet acheteur privé était un résident de l’endroit qui avait acquis l’immeuble de crainte qu’il ne soit démoli. Il l’a d’abord loué comme boutique d’antiquités, mais la communauté a élaboré un projet coopératif de salle Bonshaw – un espace voué aux activités sociales, caritatives et culturelles. La coopérative dispose maintenant d’un bail de 15 ans à 1 $ par année assorti d’une option d’achat. Elle a assumé la charge de l’entretien et de l’amélioration du bâtiment, elle a récupéré des bancs d’église qui avaient été jetés et elle a entrepris de reconstruire le petit clocher qui avait été détruit.

Charge pastorale de Central Queens (Île-du-Prince-Édouard)
Vers le nord-est, dans la charge pastorale de Central Queens, il y a aussi eu un succès inégal dans le processus d’amalgamation d’églises. Encore une fois, quatre églises ont été combinées en une seule nouvelle église, et les bâtiments historiques ont été vendus. Un d’eux, à North Wiltshire, a été démantelé sur une période interminable d’un an qui a prolongé d’autant la douleur des résidents.

L’Église unie de Hunter River a été converti en théâtre. Les résidents de longue date et fidèles de l’église Melanie et Kris Taylor ont acheté le bâtiment en juillet 2007. Au cours de la dernière année, ils l’ont transformée pour en faire le Harmony House Theatre, un espace pour représentations musicales et théâtrales. Malheureusement, une grande partie du tissu patrimonial de l’ancienne église a été perdue, y compris ses fenêtres en ogive et son petit clocher, mais l’enveloppe extérieure et certains éléments de l’intérieur demeurent. Melanie Taylor affirme que sa transformation en espace communautaire vient combler un besoin local et régional.

« Il y a maintenant un lieu de rencontre non confessionnel à Hunter River », dit-elle. Une étude de développement communautaire a été réalisée, concluant à l’existence d’un important créneau pour ce genre d’immeuble compte tenu de l’emplacement de Hunter River à mi-chemin entre Summerside et Charlottetown.

Le paysage changeant de l’Île-du-Prince-Édouard
À mesure que des églises changent d’aspect ou disparaissent, le caractère pastoral de l’Île-du-Prince-Édouard se transforme.

« Les églises et les granges définissent le paysage de l’Île-du-Prince-Édouard, dit l’historien Bill Glen. Mais il change en raison de pressions démographiques et d’autres forces. L’ouragan Juan, en 2003, a achevé plusieurs de ces anciens bâtiments sur la rive sud de l’île, arrachant des toits ou causant d’autres dommages que les gens n’ont pas les moyens de réparer. »

Pour les autorités municipales et provinciales, cette nouvelle réalité des églises, en particulier, a créé une nouvelle problématique qu’elles ne savent guère comment aborder.

« Il y a beaucoup de questionnement sur le rôle du gouvernement dans cette situation, dit Harry Holman. Si nous aidons une congrégation, où devons-nous arrêter? »

En prenant du recul et en considérant l’historique des églises sur le plus long terme, on constate qu’il y a eu de grands changements comparables à d’autres périodes. Michelle Hogman fait remarquer que l’amalgamation d’églises était un phénomène répandu après la grande période de construction d’églises dans les années 1880. « On voit une fluidité en étudiant l’histoire des congrégations », dit-elle. À elle seule, la création de l’Église unie du Canada, en 1925, a rendu de nombreuses églises excédentaires.

Ces perspectives à plus long terme de processus historiques n’atténueront toutefois pas nécessairement la douleur ressentie par des familles qui perdent les églises que fréquentaient leurs ancêtres. L’avenir de l’extraordinaire patrimoine de bâtiments d’église du Canada est en voie de devenir le prochain grand combat à l’horizon de la conservation du patrimoine.

Christopher Wiebe a écrit des articles sur la scène culturelle pour des journaux et magazines canadiens. Tout récemment, il a signé dans le magazine Westworld Alberta un texte sur la perte de terres agricoles.

ENCADRÉ
Le Québec – Un exemple à suivre?



Photo : CPRQ
Au Québec, où la baisse de la fréquentation des lieux de culte a été exceptionnellement rapide, il y a eu une réaction provinciale plus proactive, par l’entremise d’instances indépendantes. Après une décennie de discussions et d’interventions fédérales-provinciales dans les années 1980, la Fondation du patrimoine religieux du Québec a été mise sur pied en 1995. Elle a réuni des membres de presque toutes les traditions religieuses, dont la plupart n’avaient jamais considéré la conservation du patrimoine comme faisant partie de leurs responsabilités.

Elle a reçu plus de 160 millions de dollars du gouvernement du Québec. En 2007-2008, des subventions de 14 millions de dollars (30 000 $ à 850 000 $ par projet) ont été octroyées pour des travaux de restauration dans 103 bâtiments religieux de toutes les régions de la province. La Fondation a aussi entrepris des recensements et, en 2005, il a appuyé le colloque international sur les églises organisé à Montréal, Quel avenir pour quelles églises? D’autres régions du Canada peuvent s’inspirer de cette démarche fructueuse fondée sur la reconnaissance de la valeur publique du patrimoine religieux. Au Manitoba par exemple, la Thomas Sill Foundation a un programme consacré aux églises des Prairies qui a distribué presque 250 000 $ en subsides aux églises historiques de la province.

ENCADRÉ
Pourquoi des bâtiments religieux sont fermés



Photo : Nancy Anderson
Les raisons de la fermeture de lieux de culte historiques sont aussi diverses que les congrégations. La baisse de la fréquentation, les coûts d’entretien et de conservation élevés sont autant de facteurs, comme l’est l’appréciation de l’immobilier en milieu urbain augmentant l’attrait de leurs terrains pour de nouveaux projets.

À Brighton (Ontario), au désarroi de la communauté, l’église presbytérienne St. Andrew, datant de 1877, a été démolie l’an dernier. Les 12 membres restants de la congrégation avaient exigé la démolition comme condition de la vente parce qu’ils ne voulaient pas voir le bâtiment utilisé à des fins inopportunes.



Photo : Nancy Anderson
D’autres facteurs précipitent les fermetures, comme les nouveaux cultes incompatibles avec les bâtiments traditionnels, les coûts associés aux normes d’efficacité énergétique et d’accessibilité ainsi que l’amalgamation de petites églises en églises centralisées plus grandes. L’étalement urbain peut aussi jouer un rôle. Le Central Pentecostal Tabernacle d’Edmonton, un symbole de l’architecture des années 1960, a été abandonné par sa congrégation qui avait migré du centre-ville vers les banlieues. L’église a été démolie en 2007.

ENCADRÉ
Des actifs des communautés
La fermeture de bâtiments religieux historiques et la menace de leur démolition suscitent souvent de vives émotions, même dans la communauté plus vaste. Ces immeubles nous rappellent l’histoire locale et sont des témoins irremplaçables en ce qui concerne l’architecture et le bel ouvrage. En outre, ils fournissent souvent de l’espace bien nécessaire pour les activités communautaires et les services sociaux en plus de servir de lieux de culte.

Cette année dans le quartier du village Osborne à Winnipeg, l’annonce de l’éventuelle démolition de l’immeuble de l’Église du Christ scientiste, qui était vide, a soulevé un tollé. Les résidents ont soutenu qu’il s’agissait d’un des plus importants immeubles du secteur même si la plupart d’entre eux n’y étaient jamais entrés.

Le saviez-vous?
Les résidents de l’Île-du-Prince-Édouard ne savent pas au juste combien d’églises se trouvent sur l’île : il n’y a jamais eu de recensement complet. Terre-Neuve a commencé à compter ses bâtiments religieux, et en est à 1700. Le Québec estime en avoir environ 2800.

ENCADRÉ
Une nouvelle vie pour des bâtiments religieux
Lorsque des lieux de culte historiques sont fermés, de nombreuses congrégations et communautés s’efforcent de les préserver en appuyant une réutilisation sensible. Certains on subi de légères modifications pour pouvoir combler des besoins de services communautaires tandis que d’autres ont été profondément transformés pour servir à des fins commerciales ou résidentielles. Certains ont adopté de nouvelles vocations tout en continuant à servir de lieu de culte.

En 2003, l’église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, à Québec, a été partiellement convertie pour héberger des bureaux de groupes sociaux et communautaires dans ses galeries latérales. Datant du milieu du 19e siècle, son plan traditionnel se prêtait bien à la pose de murs amovibles en gypse séparant le nouvel espace de bureaux de la galerie principale, l’autel et l’orgue. L’espace intérieur du lieu de culte est réduit mais l’extérieur n’a pas changé, ce qui assure la continuité historique dans le quartier.

Certaines menaces persistent
À Toronto, l’église anglicane All Saints du centre-ville a perdu son rôle paroissial dans les années 1970 en raison du déclin de la congrégation. Elle est devenue un centre communautaire, toujours aux mains et aux soins du diocèse. Parmi les nombreux services offerts figurent l’accueil, une banque d’alimentation, un programme pour aînés, des cours pour toxicomanes visant la réduction des préjudices, et un programme d’arts.

Malheureusement, la nouvelle vocation n’engendre pas les revenus nécessaires pour prévenir la détérioration du bâtiment. Les solives des planchers pourrissent, les colonnes de soutien s’affaiblissent et la toiture s’use. À l’intérieur, de nombreux éléments uniques ont été préservés, y compris une des plus remarquables séquences intactes de vitraux et fenêtres décorées au pochoir de Toronto, un sol en mosaïque de tuiles de céramique Minton, un orgue Casavant de 1918 et bien plus encore.

Vu la flambée du prix des terrains au centre-ville, le revenu potentiel de la vente du site est sans doute tentant. L’avenir de ce monument de Cabbagetown n’est donc pas assuré.

Pour de plus amples renseignements, voir la courte liste des lieux de culte historiques menacés que la FHC a publiée en 2008 à l’occasion de la Journée mondiale du patrimoine. La liste se trouve à www.heritagecanada.org/fre/nouvelles/quoi.html#hpw.

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